Tuesday, June 28, 2016

Le monde de Sophie - Partie 2




Partie II. La philosophie à Athènes : Socrate, Platon et Aristote.

Socrate : 470-399 avant Jésus-Christ

« Socrate fit descendre la philosophie du ciel jusqu'à terre et qu'il la laissa vivre dans les villes, entrer dans les maisons en contraignant les hommes à réfléchir à la vie, aux mœurs, au bien et au mal »
Cicéron, un philosophe romain.

Socrate est né à Athènes. Il aimait discuter avec les gens dans les rues d’Athènes. On racontait qu’il était laid mais au fond de lui il était très bon. Socrate utilisait le dialogue comme méthode pour transmettre sa connaissance à ses contemporains et refusait d'accepter de l'argent pour son enseignement. Socrate, affirma qu'il ne savait qu'une chose : « qu'il ne savait rien ». En 399, il fut accusé d'« introduire de nouveaux dieux » et de « corrompre la jeunesse » et fut condamné à mort (boire la ciguë) malgré que juste une très faible majorité d’un jury de 500 membres le fut reconnu coupable. La vie et la pensée de Socrate nous sont transmises grâce à son élève Platon qui avait écrit plusieurs dialogues philosophiques en se servant de Socrate comme porte-parole ce qui a créé une difficulté de distinguer entre les enseignements de Socrate et celle de Platon.

Pensée
Commentaire
Socrate s'intéressait à l'homme et à la vie humaine plutôt qu’à la nature. Il répétait « Les arbres à la campagne ne peuvent rien m'apprendre »
Les philosophes de la nature étaient des hommes de science qui s'intéressaient à l'analyse physique du monde. Mais, à Athènes, l'étude de la nature fut remplacée par celle de l'homme et sa place dans la société.
Socrate  a dit : « Celui qui sait ce qui est bien fera aussi le bien »
Contrairement aux sophistes d’Athènes qui était des philosophes contemporains de Socrate,  qui indiquaient que le vrai et le faux, tout comme le bien et le mal, doivent être jugés en fonction des besoins de l'être humain, Socrate pensait que certaines normes sont absolues et valables pour tous. Il affirma que la faculté de discerner entre le bien et le mal se trouvait dans la raison de l'homme et non dans la société.


Platon : 427-347 avant Jésus-Christ

Platon était l'élève de Socrate. La mort de Socrate le marqua à jamais et influença sur sa pensée. Le premier travail de Platon en tant que philosophe consista à rapporter les propos tenus par Socrate face au jury. Platon créa sa propre école de philosophie à l'extérieur d'Athènes où on enseignait la philosophie via le débat et le dialogue, les mathématiques et la gymnastique.

Pensée
Commentaire
Platon s'intéressait aux rapports entre ce qui est éternel et immuable d'une part et ce qui « s'écoule » d'autre part dans la nature, la morale et la vie sociale. Platon pensait que tous les phénomènes naturels ne sont que les ombres de formes ou d’idées éternels.
Empédocle et Démocrite avaient montré que tous les phénomènes naturels étaient soumis au changement, mais qu'il y avait malgré tout quelque chose d'essentiel qui jamais ne changeait (les « quatre éléments » ou les « atomes »).
Platon divisait la réalité en deux Parties :
- La première est constituée par le monde des sens où rien n’est permanent, ce qui donne une connaissance approximative et imparfaite.
- La deuxième est constituée par le monde des idées qui sont immuables et permet d'accéder à la vraie connaissance.
Les sophistes et Socrate s'étaient intéressés à la relation entre l'éternel et l'éphémère en ce qui concerne la morale humaine et les idéaux ou vertus dans la société :
- Les sophistes pensaient que les notions de bien et de mal étaient relatives et pouvaient changer selon les époques.
- Socrate était convaincu qu’en utilisant la raison, il est possible d'atteindre des normes immuables, car la raison a un caractère éternel et immuable.
Platon pensait aussi que l'homme est composé de deux parties :
- Un corps soumis au changement qui est indissociablement lié au monde des sens peu fiables.
- Une âme immortelle qui est le siège de la raison et qui peut voir le monde des idées.
Platon pensait que l'âme était dans le monde des idées avant de venir habiter un corps. C’est pourquoi au fur et à mesure que l'homme, grâce à sa sensibilité, appréhende les différentes choses qui l'entourent, un vague souvenir resurgit dans l'âme. D'où le désir de retrouver la vraie demeure de l'âme à travers l'amour et de se libérer ainsi de la « prison du corps »
Platon proposait un État modèle ou « utopique »  gouverné par des philosophes. L'État a des gardiens, des guerriers et des travailleurs.
Platon se réfère au corps humain qui se divise en trois parties : la tête qui est le siège de la raison, le tronc qui est la volonté, et le bas du corps où résident les envies et le désir.
Platon disait que les femmes pouvaient comme les hommes accéder au rang des dirigeants car elles ont la même faculté de raisonner que les hommes.
Après des déceptions politiques, il proposait une Cité régie par la loi comme étant juste derrière la Cité parfaite. Il y réintroduit la propriété privée et les liens familiaux et restreint la liberté de la femme. Mais il continue d'affirmer qu'une Cité qui n'éduque ni n'emploie les femmes est semblable à un homme qui ne se servirait que de son bras droit.


Aristote : 384-322 avant Jésus-Christ

Aristote fut l'élève de Platon à son Académie pendant plus de vingt ans. Il était originaire de Macédoine. Son père était un médecin réputé et un homme de science. Il ne fut pas seulement le dernier grand philosophe grec, il fut le premier grand « biologiste » en Europe. Aristote résuma ce que les philosophes de la nature avaient dit avant lui, et fonda la logique comme science. Aristote a influencé sur la culture européenne qui lui doit l'élaboration d'un langage scientifique propre à chacune des sciences.

Pensée
Commentaire
- Aristote pensait que la  réalité était ce que nous percevons avec nos sens. Rien ne peut exister dans la conscience qui n'ait d'abord été perçu par nos sens.
- Aristote pensait que ce qui est dans l'âme humaine n'est qu'un reflet des objets de la nature. C'est la nature et elle seule qui constitue le vrai monde.
- Selon Aristote,   l'homme est né doué de raison toute vide avant que les sens ne perçoivent quelque chose. Un être humain n'a donc pas selon lui d'idées innées.
- Pour Platon, la  réalité est constituée  par ce que nous pensons grâce à notre raison.

- Platon pensait que tout ce que nous voyons autour de nous n'est qu'un reflet de quelque chose qui a plus de réalité dans l'âme humaine.
- Selon Platon, nous avons d'idées innées.
Aristote constata que la réalité est composée de différentes choses qui, prises séparément, sont elles-mêmes composées de forme et de matière. La « matière », c'est ce dont la chose est faite, tandis que la « forme » est la somme de ses qualités particulières, spécifiques. La « matière » porte toujours en elle la possibilité d'atteindre une certaine « forme ».

Aristote pensait qu'il y a plusieurs sortes de causes dans la nature : La « cause matérielle », la « cause efficiente »,  la « cause formelle » et la cause « finalité ».
L’auteur a donné un exemple simplifié pour expliquer ces causes :
« Pourquoi pleut-il, Sophie? Tu as certainement appris en classe qu'il pleut parce que la vapeur d'eau contenue dans les nuages se refroidit et se condense en gouttes de pluie qui tombent sur la terre en vertu de la loi de la pesanteur. Aristote n'aurait rien trouvé à redire à cela. Mais il aurait ajouté que trois causes seulement sont mises en lumière avec cette explication. La « cause matérielle » est que la vapeur d'eau réelle (les nuages) se trouvait là précisément quand l'air se refroidit. La « cause efficiente » est que la vapeur d'eau se refroidit, et la « cause formelle » est que la « forme » ou la nature de l'eau est de tomber (patatras!) sur la terre. Si tu n'avais rien dit de plus, Aristote, lui, aurait ajouté qu'il pleut parce que les plantes et les animaux ont besoin de l'eau de pluie pour croître et grandir.
C'est ce qu'il appelait la « finalité ». Comme tu vois, Aristote donna d'un seul coup aux gouttes d'eau une finalité dans la vie, un « dessein ». »
Aristote fonda la logique comme science. La logique d'Aristote s'attache aux relations entre les concepts

Aristote a classé toute chose dans la nature en deux groupes principaux :
- Les choses inanimées qui n’ont aucune possibilité de se transformer en autre chose que via une intervention extérieure.
- Les choses vivantes qui portent en elles la possibilité de se transformer. Celles-ci appartiennent à deux groupes : les végétaux vivants (ou les plantes) et les êtres vivant qui eux-mêmes se divisent en deux sous-groupes : les animaux et les hommes.

Aristote pensait qu'il doit exister un dieu qui doit avoir mis tout l'univers en mouvement.
C'est ce qu'Aristote appelait « Le premier moteur » ou « Dieu ». « Le premier moteur » ne bouge pas, mais c'est lui qui est « la première cause » de tous les mouvements dans la nature.
Ethique d’Aristote :
- Aristote  pensait que ces trois conditions doivent être réunies pour que l'homme mène une vie heureuse : vivre dans plaisir et les divertissements, vivre en citoyen libre et responsable, vivre en savant et philosophe.
- Vivre dans l'équilibre et la modération est l'unique moyen pour un homme de connaître le bonheur ou l'« harmonie ».
Aristote propose un éthique concernant les relations avec les autres hommes par exemple : être ni lâches ni casse-cou, mais courageux. Ainsi, faire preuve de peu de courage est de la lâcheté et trop de courage, c'est de l'inutile témérité. C'est la même chose pour la nourriture. Il est dangereux de ne pas manger assez et il est aussi dangereux de trop manger.
Selon Aristote : « L'homme est un animal politique ». La famille et le village couvrent les besoins de base pour vivre, tels que la nourriture, la chaleur, le mariage et l'éducation des enfants. L'État est la plus haute forme de société.
Aristote cite trois différentes formes réussies d'État :
- La monarchie, où il n'y a qu'un seul chef d'État
- L'aristocratie où on trouve un nombre plus ou moins important de dirigeants
- La démocratie
Selon Aristote, la femme est un « homme imparfait ». L'homme donne la « forme » et la femme la « matière ».
Selon Aristote, les qualités de l'enfant se trouvaient telles quelles dans la semence de l'homme. La femme était comme la terre qui se fait pousser la semence alors que l'homme était lui le « semeur ».

A suivre …



Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
Interests: Reading, travel and social activities.


No comments:

Post a Comment