Friday, July 29, 2016

Le monde de Sophie - Partie 3




Partie III. L'hellénisme

Aristote était le précepteur d'Alexandre le Grand. Ce dernier était le roi de Macédoine. Alexandre a vaincu les Perses et a relié l'Egypte et tout l'Orient jusqu'à l'Inde à la civilisation grecque à l'aide de sa nombreuse armée. Une nouvelle ère de l'histoire appelée l'hellénisme a commencé et a duré environ trois cents ans durant laquelle la culture et la langue grecques jouèrent un rôle prédominant. Cette période, qui dura environ trois cents ans, on l'a appelée l'hellénisme. Le terme d'« hellénisme » recouvre à la fois la période proprement dite et la culture à prédominance grecque qui s'épanouit dans les trois grands royaumes hellénistiques : la Macédoine, la Syrie et l'Egypte. Cependant, à partir de 50 avant Jésus-Christ, Rome a reconquit toutes les provinces hellénistiques et par conséquent, la culture romaine et le latin ont pénétré loin en Asie et à l'ouest jusqu'en Espagne. Ce fut le début de l'époque romaine appelée aussi l'Antiquité tardive.

Le projet philosophique de l’hellénisme consista à approfondir les questions soulevées par Socrate, Platon et Aristote. Le problème essentiel pour les philosophes de l’époque était de définir le vrai bonheur et comment l'atteindre.


Les cyniques

« Que de choses dont je n'ai pas besoin! »
Socrate

Pensée
Commentaire
Les cyniques pensaient que le bonheur ne dépend pas des choses comme le luxe matériel, le pouvoir politique et la bonne santé qui sont accidentelles et instables. Le vrai bonheur est à la portée de chacun et il est indépendant de ces conditions. 

Les cyniques pensaient que l'homme ne devait se préoccuper ni de sa propre santé, ni de la souffrance, ni de la mort ni des souffrances d'autrui.
Les termes « cynique » et « cynisme » sont employés pour exprimer le manque de compassion envers autrui.

Le cynique le plus célèbre fut Diogène, qui fut un élève d'Antisthène qui avait été l'élève de Socrate et qui a été influencé par la leçon de frugalité de Socrate.


Les stoïciens

« L’homme est quelque chose de sacré pour l'homme »
Sénèque

Pensée
Commentaire
- Comme Héraclite, les stoïciens pensaient que tous les hommes faisaient partie intégrante du Logos et que chaque individu est un monde en miniature, un « microcosme » qui est le reflet du « macrocosme ».
- Ils déclaraient qu’il y a un droit valable pour tous les hommes, le «droit naturel » qui ne change pas en fonction du temps et du lieu et qui est le même pour tous, même pour les esclaves. Ils prirent ainsi le parti de Socrate contre les sophistes.
- Ils pensaient qu’il n’y a aucune différence entre l'individu et l'univers et il n’y a pas de contradictions entre l'« esprit » et la « matière ». On appelle une telle conception le «monisme» en opposé avec le dualisme de Platon.
- Ils déclaraient que l'homme doit apprendre à se réconcilier avec son destin. Les heureuses circonstances de la vie, l'homme doit aussi les accueillir avec le plus grand calme.
- Ils étaient plus ouverts à la culture de leur temps que les cyniques. Ils soulignaient l'aspect communautaire de l'humanité et s'intéressaient à la politique.
- Certains stoïciens fameux de l’époque :
1. Le  fondateur Zenon, qui était originaire de Chypres vers 300 avant Jésus-Christ.
2. L'empereur romain Marc Aurèle (121-180 après Jésus-Christ).
3. L'orateur, le philosophe et l'homme politique Cicéron (106-43 avant Jésus-Christ) qui créa le concept d'« humanisme », c'est-à-dire d'un mode de vie qui place l'individu au centre.
4. Le stoïcien Sénèque (4 avant Jésus-Christ-65 après Jésus-Christ)
- Les stoïciens  avaient l’habitude de se  rassembler sous un portique. Le nom «stoïcien» vient du mot grec (portique).
- On appelle une personne  « calme stoïque » pour qualifier une personne qui ne se laisse pas emporter par ses sentiments.

N.B : Les cyniques et les stoïciens pensaient que pour vivre heureux, l'homme devait se libérer de tout luxe matériel et d'accepter la souffrance sous toutes ses formes. 


Les épicuriens

« Le bien suprême est le plaisir, affirmait-il, le plus grand des maux est la douleur »
Aristippe, élève de Socrate

Pensée
Commentaire
- Aristippe  affirmait que  le bien suprême est le plaisir et le plus grand des maux est la douleur.
- Épicure (341-270) fonda une école philosophique à Athènes (les épicuriens). Il développa la morale de plaisir d'Aristippe tout en la combinant avec la théorie des atomes de Démocrite.
- Épicure insistait sur le fait que la satisfaction d'un désir ne doit pas faire oublier les effets secondaires éventuels qui peuvent en résulter.
- Selon Épicure, la satisfaction d'un désir à court terme doit être mise dans la balance avec la possibilité d'un plaisir plus durable ou plus intense à long terme.
- Épicure pensait que pour avoir une vie heureuse, il faut d'abord surmonter sa peur de la mort. Il se servait de la théorie de Démocrite sur les « atomes de l'âme » qui en résulte le fait qu’il n’y a pas de vie après la mort, car tous les « atomes de l'âme » s'éparpillaient de tous côtés à notre mort.
- À la différence des stoïciens, les épicuriens s’intéressaient peu à la politique et la vie sociale. Épicure conseillait ses disciples « Vivons cachés ! »
- Les épicuriens se retrouvaient dans un jardin. C'est pourquoi on les appelait les « philosophes du jardin ».


NB : Les cyniques, les stoïciens et les épicuriens se référaient aux présocratiques comme Héraclite et Démocrite, ainsi qu'à Socrate.


A suivre …


Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
Interests: Reading, travel and social activities.

Tuesday, June 28, 2016

Le monde de Sophie - Partie 2




Partie II. La philosophie à Athènes : Socrate, Platon et Aristote.

Socrate : 470-399 avant Jésus-Christ

« Socrate fit descendre la philosophie du ciel jusqu'à terre et qu'il la laissa vivre dans les villes, entrer dans les maisons en contraignant les hommes à réfléchir à la vie, aux mœurs, au bien et au mal »
Cicéron, un philosophe romain.

Socrate est né à Athènes. Il aimait discuter avec les gens dans les rues d’Athènes. On racontait qu’il était laid mais au fond de lui il était très bon. Socrate utilisait le dialogue comme méthode pour transmettre sa connaissance à ses contemporains et refusait d'accepter de l'argent pour son enseignement. Socrate, affirma qu'il ne savait qu'une chose : « qu'il ne savait rien ». En 399, il fut accusé d'« introduire de nouveaux dieux » et de « corrompre la jeunesse » et fut condamné à mort (boire la ciguë) malgré que juste une très faible majorité d’un jury de 500 membres le fut reconnu coupable. La vie et la pensée de Socrate nous sont transmises grâce à son élève Platon qui avait écrit plusieurs dialogues philosophiques en se servant de Socrate comme porte-parole ce qui a créé une difficulté de distinguer entre les enseignements de Socrate et celle de Platon.

Pensée
Commentaire
Socrate s'intéressait à l'homme et à la vie humaine plutôt qu’à la nature. Il répétait « Les arbres à la campagne ne peuvent rien m'apprendre »
Les philosophes de la nature étaient des hommes de science qui s'intéressaient à l'analyse physique du monde. Mais, à Athènes, l'étude de la nature fut remplacée par celle de l'homme et sa place dans la société.
Socrate  a dit : « Celui qui sait ce qui est bien fera aussi le bien »
Contrairement aux sophistes d’Athènes qui était des philosophes contemporains de Socrate,  qui indiquaient que le vrai et le faux, tout comme le bien et le mal, doivent être jugés en fonction des besoins de l'être humain, Socrate pensait que certaines normes sont absolues et valables pour tous. Il affirma que la faculté de discerner entre le bien et le mal se trouvait dans la raison de l'homme et non dans la société.


Platon : 427-347 avant Jésus-Christ

Platon était l'élève de Socrate. La mort de Socrate le marqua à jamais et influença sur sa pensée. Le premier travail de Platon en tant que philosophe consista à rapporter les propos tenus par Socrate face au jury. Platon créa sa propre école de philosophie à l'extérieur d'Athènes où on enseignait la philosophie via le débat et le dialogue, les mathématiques et la gymnastique.

Pensée
Commentaire
Platon s'intéressait aux rapports entre ce qui est éternel et immuable d'une part et ce qui « s'écoule » d'autre part dans la nature, la morale et la vie sociale. Platon pensait que tous les phénomènes naturels ne sont que les ombres de formes ou d’idées éternels.
Empédocle et Démocrite avaient montré que tous les phénomènes naturels étaient soumis au changement, mais qu'il y avait malgré tout quelque chose d'essentiel qui jamais ne changeait (les « quatre éléments » ou les « atomes »).
Platon divisait la réalité en deux Parties :
- La première est constituée par le monde des sens où rien n’est permanent, ce qui donne une connaissance approximative et imparfaite.
- La deuxième est constituée par le monde des idées qui sont immuables et permet d'accéder à la vraie connaissance.
Les sophistes et Socrate s'étaient intéressés à la relation entre l'éternel et l'éphémère en ce qui concerne la morale humaine et les idéaux ou vertus dans la société :
- Les sophistes pensaient que les notions de bien et de mal étaient relatives et pouvaient changer selon les époques.
- Socrate était convaincu qu’en utilisant la raison, il est possible d'atteindre des normes immuables, car la raison a un caractère éternel et immuable.
Platon pensait aussi que l'homme est composé de deux parties :
- Un corps soumis au changement qui est indissociablement lié au monde des sens peu fiables.
- Une âme immortelle qui est le siège de la raison et qui peut voir le monde des idées.
Platon pensait que l'âme était dans le monde des idées avant de venir habiter un corps. C’est pourquoi au fur et à mesure que l'homme, grâce à sa sensibilité, appréhende les différentes choses qui l'entourent, un vague souvenir resurgit dans l'âme. D'où le désir de retrouver la vraie demeure de l'âme à travers l'amour et de se libérer ainsi de la « prison du corps »
Platon proposait un État modèle ou « utopique »  gouverné par des philosophes. L'État a des gardiens, des guerriers et des travailleurs.
Platon se réfère au corps humain qui se divise en trois parties : la tête qui est le siège de la raison, le tronc qui est la volonté, et le bas du corps où résident les envies et le désir.
Platon disait que les femmes pouvaient comme les hommes accéder au rang des dirigeants car elles ont la même faculté de raisonner que les hommes.
Après des déceptions politiques, il proposait une Cité régie par la loi comme étant juste derrière la Cité parfaite. Il y réintroduit la propriété privée et les liens familiaux et restreint la liberté de la femme. Mais il continue d'affirmer qu'une Cité qui n'éduque ni n'emploie les femmes est semblable à un homme qui ne se servirait que de son bras droit.


Aristote : 384-322 avant Jésus-Christ

Aristote fut l'élève de Platon à son Académie pendant plus de vingt ans. Il était originaire de Macédoine. Son père était un médecin réputé et un homme de science. Il ne fut pas seulement le dernier grand philosophe grec, il fut le premier grand « biologiste » en Europe. Aristote résuma ce que les philosophes de la nature avaient dit avant lui, et fonda la logique comme science. Aristote a influencé sur la culture européenne qui lui doit l'élaboration d'un langage scientifique propre à chacune des sciences.

Pensée
Commentaire
- Aristote pensait que la  réalité était ce que nous percevons avec nos sens. Rien ne peut exister dans la conscience qui n'ait d'abord été perçu par nos sens.
- Aristote pensait que ce qui est dans l'âme humaine n'est qu'un reflet des objets de la nature. C'est la nature et elle seule qui constitue le vrai monde.
- Selon Aristote,   l'homme est né doué de raison toute vide avant que les sens ne perçoivent quelque chose. Un être humain n'a donc pas selon lui d'idées innées.
- Pour Platon, la  réalité est constituée  par ce que nous pensons grâce à notre raison.

- Platon pensait que tout ce que nous voyons autour de nous n'est qu'un reflet de quelque chose qui a plus de réalité dans l'âme humaine.
- Selon Platon, nous avons d'idées innées.
Aristote constata que la réalité est composée de différentes choses qui, prises séparément, sont elles-mêmes composées de forme et de matière. La « matière », c'est ce dont la chose est faite, tandis que la « forme » est la somme de ses qualités particulières, spécifiques. La « matière » porte toujours en elle la possibilité d'atteindre une certaine « forme ».

Aristote pensait qu'il y a plusieurs sortes de causes dans la nature : La « cause matérielle », la « cause efficiente »,  la « cause formelle » et la cause « finalité ».
L’auteur a donné un exemple simplifié pour expliquer ces causes :
« Pourquoi pleut-il, Sophie? Tu as certainement appris en classe qu'il pleut parce que la vapeur d'eau contenue dans les nuages se refroidit et se condense en gouttes de pluie qui tombent sur la terre en vertu de la loi de la pesanteur. Aristote n'aurait rien trouvé à redire à cela. Mais il aurait ajouté que trois causes seulement sont mises en lumière avec cette explication. La « cause matérielle » est que la vapeur d'eau réelle (les nuages) se trouvait là précisément quand l'air se refroidit. La « cause efficiente » est que la vapeur d'eau se refroidit, et la « cause formelle » est que la « forme » ou la nature de l'eau est de tomber (patatras!) sur la terre. Si tu n'avais rien dit de plus, Aristote, lui, aurait ajouté qu'il pleut parce que les plantes et les animaux ont besoin de l'eau de pluie pour croître et grandir.
C'est ce qu'il appelait la « finalité ». Comme tu vois, Aristote donna d'un seul coup aux gouttes d'eau une finalité dans la vie, un « dessein ». »
Aristote fonda la logique comme science. La logique d'Aristote s'attache aux relations entre les concepts

Aristote a classé toute chose dans la nature en deux groupes principaux :
- Les choses inanimées qui n’ont aucune possibilité de se transformer en autre chose que via une intervention extérieure.
- Les choses vivantes qui portent en elles la possibilité de se transformer. Celles-ci appartiennent à deux groupes : les végétaux vivants (ou les plantes) et les êtres vivant qui eux-mêmes se divisent en deux sous-groupes : les animaux et les hommes.

Aristote pensait qu'il doit exister un dieu qui doit avoir mis tout l'univers en mouvement.
C'est ce qu'Aristote appelait « Le premier moteur » ou « Dieu ». « Le premier moteur » ne bouge pas, mais c'est lui qui est « la première cause » de tous les mouvements dans la nature.
Ethique d’Aristote :
- Aristote  pensait que ces trois conditions doivent être réunies pour que l'homme mène une vie heureuse : vivre dans plaisir et les divertissements, vivre en citoyen libre et responsable, vivre en savant et philosophe.
- Vivre dans l'équilibre et la modération est l'unique moyen pour un homme de connaître le bonheur ou l'« harmonie ».
Aristote propose un éthique concernant les relations avec les autres hommes par exemple : être ni lâches ni casse-cou, mais courageux. Ainsi, faire preuve de peu de courage est de la lâcheté et trop de courage, c'est de l'inutile témérité. C'est la même chose pour la nourriture. Il est dangereux de ne pas manger assez et il est aussi dangereux de trop manger.
Selon Aristote : « L'homme est un animal politique ». La famille et le village couvrent les besoins de base pour vivre, tels que la nourriture, la chaleur, le mariage et l'éducation des enfants. L'État est la plus haute forme de société.
Aristote cite trois différentes formes réussies d'État :
- La monarchie, où il n'y a qu'un seul chef d'État
- L'aristocratie où on trouve un nombre plus ou moins important de dirigeants
- La démocratie
Selon Aristote, la femme est un « homme imparfait ». L'homme donne la « forme » et la femme la « matière ».
Selon Aristote, les qualités de l'enfant se trouvaient telles quelles dans la semence de l'homme. La femme était comme la terre qui se fait pousser la semence alors que l'homme était lui le « semeur ».

A suivre …



Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
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Tuesday, May 31, 2016

Le monde de Sophie - Partie 1




Auteur : Jostein Gaarder

Nombre de pages : 559

Titre original : Sofies Verden © H. Aschehoug & Co (W. Nygaard), Oslo, 1991.

Traduit et adapté du Norvégien par Hélène Hervieu et Martine Laffon, © Éditions du Seuil, Mars 1995, pour la traduction française


Bref Aperçu

« À toi de choisir, chère Sophie. Es-tu un enfant qui n'a pas encore assez grandi pour être habitué au monde ? Ou es-tu un philosophe qui peut jurer de ne jamais tomber dans ce travers? Si tu secoues la tête en ne t'identifiant ni à l'enfant ni au philosophe, c'est parce que tu t'es fait un petit nid tellement douillet que le monde ne t'étonne plus.»

Le monde de Sophie est un roman philosophique du norvégien Jostein Gaarder publié en 1991. Dans son œuvre, Gaarder raconte l’histoire d’une jeune fille de 15 ans Sophie Amundsen qui reçoit en permanence des enveloppes dans sa boite aux lettres, contenant des cours de philosophie, de la part d’un homme mystérieux appelé Alberto Knox.  A travers ces correspondances, Sophie fait la connaissance des questionnements essentiels de la philosophie tels : Comment le monde a-t-il été créé? Y a-t-il une volonté ou un sens derrière ce qui arrive? Existe-t-il une vie après la mort?, etc. …

Dans le monde de Sophie, l’auteur nous emmène dans un voyage dans le temps et l’espace afin de découvrir les origines de la philosophie occidentale, et faire connaissances de ses grands auteurs et leurs pensées. 

Malgré sa vocation philosophique, « Le monde de Sophie » est un livre facile à lire. L’auteur illustre ses propos au moyen d'exemples faciles, ce qui le rend un support beaucoup plus ludique qui aide ainsi le lecteur à assimiler facilement la matière philosophique. De plus, l’auteur dans son récit adopte une méthode pédagogique qui encourage l’esprit critique chez le lecteur et attise son appétit pour débattre certains sujets clefs qui relèvent de la philosophie.

Dans ce qui suit, je vais présenter les différents philosophes occidentaux selon l’ordre établi dans le roman en expliquant d’une manière très succincte leurs pensées.

« Précisons : bien que les questions philosophiques concernent tous les hommes, tout le monde ne devient pas philosophe pour autant. Pour différentes raisons, la plupart des gens sont tellement pris par leur quotidien qu'ils n'ont pas le temps de s'étonner de la vie. »

Partie I. Les philosophes de la nature et la rupture avec la conception mythique du monde : Les présocratiques

« Ce sont toujours ceux qui posent des questions qui sont les plus dangereux. Répondre, ce n'est pas si compromettant. Une seule question peut être plus explosive que mille réponses »



Les philosophes de la nature sont les premiers philosophes grecs. Ils s'interrogeaient sur les changements visibles au sein de la nature sans avoir recours aux mythes. Leur « projet » tournait autour du « principe premier » et de ses métamorphoses au sein de la nature : Ils croyaient qu'il existait une substance élémentaire à l'origine de toutes ces métamorphoses. Les traces qu’ils ont laissées sont trop peu et nous sont transmises par Aristote qui a vécu des siècles après eux.


Thalès

Lieu et période : Milet (une colonie grecque en Asie Mineure), vers 585 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
« L’eau » était à l'origine de toute chose.
Selon l’auteur, on ne sait pas au juste ce qu'il entendait par là. Peut-être voulait-il dire que toute vie naît dans l'eau et que tout retourne à l'eau en se désagrégeant.
Tout est rempli de dieux.
Selon l’auteur : « On ne pourra jamais savoir au juste ce qu'il entendait par là. Était-ce d'avoir vu cette terre de couleur noire être à l'origine de tout, de la fleur aux champs de blé en passant par les insectes et les cafards ? Il ne pensait en tout cas que la terre était remplie de minuscules "germes de vie" invisibles. »


Anaximandre

Lieu et période : Milet, après Thales.

Pensée
Commentaire
Le monde n'était qu'un monde parmi  beaucoup d'autres et, comme eux, avait son origine et sa fin dans ce qu'il appelait l'« infini ».
Selon l’auteur : « il est difficile de dire ce qu'il entendait clairement par-là, mais il ne s'agissait en aucun cas d'un élément connu comme chez Thalès. Il voulait sans doute exprimer l'idée que ce qui est à l'origine de Tout est différent de ce qui se crée. Le principe premier ne pouvait donc pas être tout bonnement de l'eau, mais bien quelque chose d'« infini ».


Anaximène

Lieu et période : Milet, vers 570-526 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
L’air ou le brouillard était à la base de toutes les formes dans la nature.
Il rejoint la doctrine de Thalès en affirmant qu'une substance unique était à la base de toutes les formes dans la nature qui est l’air ou le brouillard.


Parménide

Lieu et période : la colonie grecque d'Élée en Italie, environ 515-450 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
- Rien ne peut se transformer.
- Les sens donnent une fausse image du monde, une image qui ne correspond pas à ce que dit la raison.
Bien que ses sens perçoivent comment les choses se transformaient. Mais sa raison refusait de tomber dans le piège des sens. Il affirme que tout ce qui existe a toujours existé.


Héraclite

Lieu et période : Éphèse en Asie Mineure, 540-480 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
- Tout est en mouvement et rien n'est éternel.
- Il existe une sorte de « raison universelle » qui gouverne tout ce qui se passe dans la nature. Cette « raison universelle » ou cette « loi universelle » est commune à tous et chacun doit s'y référer.
Selon lui, derrière toutes ces transformations et oppositions dans la nature, existe une unité ou un tout qui est à l'origine de tout, il l'appelait « Dieu » ou « logos ». A la place du mot « Dieu », il emploie souvent le terme grec (logos) = Raison.


Empédocle

Lieu et période : Sicile, environ 490-430 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
- La nature disposait de quatre substances élémentaires qu'il appelait « racines » : la terre, l'air, le feu et l'eau.
- Deux forces différentes sont à l'œuvre dans la nature : l'amour et la haine. Ce qui unit ces éléments, c'est l'amour; ce qui les désunit, c'est la haine.
Selon Empédocle, Parménide avait raison en affirmant que « rien ne peut se transformer » puisque les quatre racines sont inchangeables et éternels. Mais en même temps, Héraclite a raison de  faire confiance aux sens car la nature est en perpétuelle mutation. Tout ce qui se meut dans la nature est dû au mélange et à la séparation de ces quatre éléments. Sa pensée a fait sortir de l’impasse provoquée par les deux philosophes.


Anaxagore

Lieu et période : Athènes, 500-428 avant Jésus-Christ

Pensée
Commentaire
- La nature est formée de minuscules morceaux invisibles à l'œil appelés des « graines » ou des « germes ».
- Il existe une force, qui « structure » et donne forme aux animaux, aux êtres humains, aux fleurs et aux arbres, appelél'« intellect » ou  l'« intelligence »
Anaxagore est le premier philosophe d'Athènes dont on entendait parler. Il n’admettait pas l'idée que la terre, l'air, le feu et l'eau puissent devenir du sang et des os.


Démocrite

Lieu et période : La ville côtière d'Abdêra au nord de la mer Egée, environ 460-370 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
Tout est constitué de minuscules éléments de construction, appelés des atomes. Chacun, pris séparément, étant éternel, immuable, indivisible et différent.
Démocrite est le dernier grand philosophe de la nature. Comme Héraclite, il pensait que tout « s'écoule » dans la nature. Mais derrière ces corps en perpétuel mouvement, il existe des atomes  solides, massifs et différents pour ainsi avoir une variété de formes dans la nature. Il croyait aussi que ces atomes  devaient être éternels, car rien ne naît du néant comme a dit Parménide : quand un arbre ou un animal, meurt et se décompose, les atomes se dispersent et peuvent se regrouper pour former de nouveaux corps.
 


A suivre...



Rachida KHTIRA

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