Friday, October 27, 2017

Le monde de Sophie – Partie 11

Marx

Le Mouvement Naturaliste (Marx, Darwin et Freud)

Le mouvement naturaliste a commencé depuis le milieu du xixe siècle pour se poursuivre jusqu'à une bonne partie du xxe siècle. En effet, le terme « Naturalisme » signifie une conception de la nature qui ne reconnaît que la nature et le monde sensible comme réalité. Ainsi, un naturaliste fond ses recherches exclusivement sur des faits naturels et non sur des considérations d'ordre rationnel ou religieux. Les mots clés du milieu du xixe siècle en philosophie et en science étaient « nature »  « milieu », « histoire », « évolution » et « développement ». Dans ce sens, on peut annoncer que Marx, Darwin et Freud étaient des naturalistes. Pour Marx, l'idéologie des hommes était le produit des conditions matérielles de la société. Pour Darwin, l'homme était le fruit d'une longue évolution biologique. Quant à  Freud, les actions des hommes sont souvent le fait de pulsions ou d'instincts.

Karl Marx
« Les philosophes se bornent à interpréter le monde alors qu'il s'agit de le transformer »

Hegel a marqué la fin des grands systèmes philosophiques. Après lui, la philosophie s'est orientée dans ce qu’on appelle une « philosophie de l'existence » ou une « philosophie de l'action ». Il est vrai que Marx était marqué par la pensée de Hegel, mais il avait pris distance avec l’idéalisme de ce dernier. Marx n'était pas seulement philosophe mais aussi historien, sociologue et économiste. Sa pensée avait une visée pratique et politique ce qui a amené de grands bouleversements.

En 1848, Marx publia avec son ami et collègue Friedrich Engels le célèbre Manifeste du parti communiste qui commença par la phrase suivante : « Un spectre hante l'Europe - le spectre du communisme. ». A la fin du manuscrit étaient écrites les phrases suivantes : 
« Les communistes dédaignent de dissimuler leurs conceptions et leurs desseins. Ils expliquent ouvertement que leurs objectifs ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout ordre social passé. Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste. Les prolétaires n'ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS ! ».

Lénine, Staline, Mao et beaucoup d'autres ont apporté leur contribution au marxisme ou « marxisme-léninisme ». Ainsi, après Marx, le mouvement s'est scindé en deux :
- La social-démocratie : elle tend à instaurer lentement et en douceur une société de type socialiste. Il s'est surtout répandu en Europe de l'Ouest
- Le marxisme-léninisme : il a conservé la foi de Marx selon laquelle seule la révolution peut combattre la vieille société de classes. Il a eu beaucoup de succès en Europe de l'Est, en Asie et en Afrique.
Selon plusieurs penseurs, Marx a contribué à améliorer la situation humaine et combattre la misère et l'oppression dans plusieurs pays avec ses nouvelles idées révolutionnaires. Cependant, beaucoup d’économistes contemporains relèvent que Marx s'est trompé sur plusieurs points assez importants telle que l'analyse des crises du régime capitaliste, sans perdre de vue les conséquences monstrueuses de l’application de ses idées par les communistes de l’Union soviétique qui a créé une nouvelle forme d’oppression.

Pensée
Détails – Extraits du livre
Marx était le philosophe du « matérialisme historique » : Marx souligne que les forces économiques au sein de la société introduisent toutes sortes de changements et font progresser l'histoire.
Les changements des conditions matérielles de vie sont le véritable moteur de l'histoire.
- Les conditions matérielles déterminent de nouvelles conditions spirituelles
- Il n'était pas un « philosophe matérialiste » dans le sens des philosophes atomistes de l'Antiquité, ou encore du matérialisme mécanique des xvIe et xvIIe siècles.
- Hegel avait expliqué que le développement historique provenait de la tension entre des éléments contradictoires qui disparaissaient sous le coup d'un brusque changement. Hegel nommait cette force motrice de l'histoire l'Esprit du monde ou la Raison universelle.
- Marx est d'accord avec cette pensée mais, selon lui, Hegel mettait tout la tête en bas. Ce ne sont pas les conditions spirituelles qui sont à l'origine des changements dans les conditions matérielles de l'existence, mais le contraire : les conditions matérielles déterminent de nouvelles conditions spirituelles.
Marx appelle les conditions matérielles, économiques et sociales, par « infrastructure ».
Le mode de pensée d'une société, ses institutions politiques, ses lois, sans oublier sa religion, son art, sa morale, sa philosophie et sa science, Marx les appelle « la superstructure ».
Selon Marx, la superstructure n'est que le reflet de l'infrastructure.
Marx prend en considération la relation dialectique entre l'infrastructure et la superstructure : « le matérialisme dialectique ».
Marx était conscient que la superstructure d'une société pouvait influencer l'infrastructure, mais il ne reconnaissait pas à la superstructure d'histoire indépendante.
Tout le développement de l'histoire, de la société esclavagiste de l'Antiquité jusqu'à nos sociétés industrielles, est dû avant tout à des modifications de l'infrastructure de la société.
Marx définit trois couches de l'infrastructure de la société :
- Les ressources naturelles : Tout ce qui concerne le climat ou les matières premières.
- Les moyens de production : les outils, les appareils et les machines dont disposent les hommes au sein de la société.
- Qui possède ces moyens de production. L'organisation du travail, c'est-à-dire la répartition du travail et le statut des propriétaires, c'est ce que Marx a appelé les rapports de production.
Selon Marx, la première couche à savoir les ressources naturelles permettent de jeter les fondations de la société et de délimiter quel type de production cette société pourra avoir. Du même coup on définit clairement quel genre de société et de culture on aura.
Selon Marx, le mode de production au sein d'une société détermine l'aspect politique et idéologique de la société.
Marx dit que c'est la classe dirigeante qui, en gros, détermine ce qui est bien et ce qui est mal. Car toute l'histoire n'est qu'une histoire de luttes de classes. L'histoire ne fait que retracer la lutte pour s'emparer des moyens de production.
Toutes les phases historiques se caractérisent, selon Marx, par une opposition entre deux classes sociales.
Dans la société esclavagiste de l'Antiquité, on trouve cette opposition entre les esclaves et les citoyens libres ; dans la société féodale, entre le seigneur et le paysan et, par la suite, entre le noble et le bourgeois. Mais à l'époque de Marx, la société était dite bourgeoise, ou capitaliste, et l'opposition se jouait entre le capitaliste et le travailleur ou prolétaire. D'un côté il y a ceux qui possèdent les moyens de production, de l'autre ceux qui ne les possèdent pas.
Et parce que la classe dirigeante ne veut pas laisser échapper son pouvoir, seule une révolution peut l'obliger à le faire.
Pour Hegel comme pour Marx, le travail est intimement lié au fait d'être un homme. C’est une chose positive.
Cependant, Marx critique le mode de production capitaliste :
Le travailleur produit une marchandise qui aura un certain prix de vente.
- Après avoir soustrait le prix de vente, le salaire du travailleur et les autres coûts de production, il restera toujours ce que Marx appelle la plus-value ou le profit.
- Ainsi, le capitaliste détourne à son profit une valeur que le travailleur seul a créée. C'est ça, l'exploitation.
Le capitaliste peut alors investir une partie de son profit dans un nouveau capital. Mais ce sera à seule fin de pouvoir baisser les coûts de production et d'augmenter encore, de ce fait, son profit.
Dans le système capitaliste, l'ouvrier travaille pour quelqu'un d'autre. Son travail lui devient quelque chose d'extérieur, quelque chose qui ne lui appartient plus. Il devient étranger à son propre travail et de ce fait étranger aussi à lui- même. Il perd sa réalité en tant que personne. Marx utilise l'expression hégélienne pour dire que le travailleur est l'objet d'un processus d'aliénation.
Bref, ce qui devait permettre à l'homme de s'élever faisait de lui un animal.
Marx pensait que le capitalisme est un système économique qui s'auto-détruit parce qu'il n'est pas guidé par la raison. Vu sous cet angle, le capitalisme est un élément de progrès, c'est-à-dire une étape nécessaire sur la voie du communisme.
Le capitaliste fait un certain profit et en utilise une partie pour moderniser l'entreprise. Il achète de nouvelles machines et réduit ainsi son personnel. Il fait tout ça pour être plus concurrentiel sur le marché. Mais il n'est pas le seul à penser ainsi. Tous les maillons de la chaîne de production doivent être de plus en plus rentables. Les usines s'agrandissent et finissent par appartenir à une poignée d'hommes.
On a de moins en moins besoin d'ouvriers. Le chômage s'installe et les problèmes sociaux deviennent de plus en plus importants. De telles crises sont le signal que le capitalisme court à sa perte.
Mais on pourrait citer d'autres traits autodestructeurs dans le régime capitaliste. Que se passe-t-il quand tout le profit doit être lié au système de production sans créer malgré cela assez de plus-value pour rester concurrentiel? Le capitaliste va baisser les salaires,  les travailleurs deviendront si pauvres qu'ils n'auront plus les moyens d'acheter quoi que ce soit. le pouvoir d'achat baisse. Et c'est un cercle vicieux.
Marx a annoncé la fin de la propriété privée de type capitaliste. Il se considère dans une situation pré-révolutionnaire.
Pendant une période, une nouvelle classe sociale, à savoir les prolétaires au pouvoir, dominera la classe bourgeoise. C'est ce que Marx a appelé la dictature du prolétariat. Mais après une période de transition, la dictature du prolétariat sera à son tour balayée par une « société sans classe » : le communisme. Ce sera l'avènement d'une société où les moyens de production appartiennent à « tous », c'est-à-dire au peuple lui-même. Dans une telle société, chacun aurait « sa place selon ses capacités » et recevrait « selon ses besoins ». Le travail en outre appartiendrait au peuple lui-même et il n'y aurait plus d'aliénation.

A suivre…


Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
Interests: Reading, travel and social activities.

Friday, September 29, 2017

ولدت هناك، ولدت هنا ـ مقتطفات


عدد الصفحات : 283

مقدمة
هذا أول كتاب أقرأه لمريد البرغوثي و أظن أنه لن يكون الأخير. يصور الكاتب في كتابه هذا لقطات من سيرته الذاتية و يصف أحاسيسه و أفكاره الشخصية تجاه المواقف التي تعرض لها في فترات متفرقة في حياته، و لكنه يتجاوزها ليسلط الضوء على قضايا و مواضيع تهم الشعب الفلسطيني خصوصا و العرب و المسلمين عموما.
و لأن سيرة ذاتية لا يمكن اختزالها في ملخص، و إلا أصبحت كمقال في الويكيبيديا مجرد من كل الأحاسيس، فقد ارتأيت أن نشر مقتطفات من الكتاب سيكون أكثر نزاهة في التعريف بما أراد الكاتب أن يعبر عنه في كتابه. و اختياري لهذه المقتطفات لا يعني أني متفقة مع مضمونها بالضرورة بل كان مبنيا على مدى صدقها و عمقها، أو حكمتها، أو بلاغتها، أو لأنها تطرح مواضيع قابلة للتأمل و التفكير.

مقتطفات

بطل فلسطيني آخر
أقول هذا الشاب الفلسطيني يحاول صنع معجزة صغيرة دون أي يدري، يمارس بطولة لا يعلم أنها بطولة. هو سائق موظف، يريد أن يتقن عمله الروتيني الذي يتقاضى منه مرتبه الشهري. الآن هو قائد هذه الرحلة و لا يريد أن يخذلنا. نحن الآن شعبه الكامل المكون من شيخ و امرأتين، سافرة و منقبة و رجل قصير القامة و آخر بدين و طالب جامعي و شاعر يدهشه ما يرى و لا يريد خدشه بالكلام.
سألت نفسي ماذا لو كنت مكانه؟
هل أستطيع أن أكون قائدا لهذه الرحلة؟
طبعا لا أستطيع.
أنا كاتب. يعني أنا لا أفعل شيئا. أليس هذا بائسا؟
أم أنني أسارع بلوم نفسي كعادتي كلما ساءت الأمور من حولي؟
كم مرة تمنيت لو أنني تعلمت صنعة ما، مهنة يدوية، أليس جميلا أن يكون المرء ميكانيكيا، حدادا، مزارعا، نجارا، مهندسا، طبيبا، أو حتى عامل بناء قوي العضلات يرتقي مع كل طابق إضافي إلى مرتبة أعلى و يطل على كسل المدينة من فوق، دون أي فضل من أحد، فهو الذي رفع إطلالته بعرق يديه و رأى ما يرى الصقر، حتى و إن غادر مجده و عاد منسيا بعد ليلة الافتتاح؟

بعض الشكر يبخس الفضل
أنا معجب باتزانه و حسن تدبيره، بل إن سلوكه و حيويته و شبابه و ثقته تورطني الآن في نوبة تفاؤل في أن الفلسطينيين هم الأقوى في هذا الصراع الطويل مع الاحتلال. كل ما أريده الآن هو الاهتداء إلى وسيلة أشكر فيها هذا الفتى دون أن أجرح فعله بكلام يقلد الكلام.
في لحظة معانقته لي أقرر أن الصمت هو أفضل ما لدي.
في أقل من ثانية أطرد فكرة عابرة بتقديم مال إضافي لهذا الشاب.
أتأمل مفارقة عجيبة: قد يدخل المرء بسهولة في مشاجرة مع خصم و قد ينزلق بلا تفكير إلا التلفظ بأبذأ الكلمات التي قد يندم عليها بعد حين، لكنه يجد صعوبة عند اختيار كلمة طيبة للثناء على صديق، فبعض الشكر يبخس الفضل أحيانا. و هذا ما أخشى ارتكابه الآن.
أنا أغار من عزمه و قدراته، و أنا معجب به لدرجة الاعتزاز. و لا يمكنني أن أقول له ذلك لأن في العبارة مسحة من التعالي أو الأبوية أو التراتبية التي تلغي التساوي الإنساني. و هل يمكن أن أوصل له هذا الاعتزاز ... بالبقشيش؟
......
لا أقول لمحمود شيئا. أقول لنفسي: سأكتبه. سأكتب السائق محمود. سأسجل ما فعله بالضبط. كما فعله بالضبط. سأكتبه. هذا واجبي. أنا كاتب و هذا عملي. قام هو بعمله، و ذات يوم سأقوم أنا بعملي أيضا. و ها أنا أفعل.

تعايش مستحيل
يسألني كثير من الصحافيين في الغرب الذين يتجاهلون الاحتلال الإسرائيلي تجاهلا مدروسا و خبيثا أيضا إن كان الشعب الفلسطيني مستعدا حقا للتعايش مع اليهود، فأرد بأننا نتعايش معهم طوال مئات السنين في فلسطين و البلاد العربية و الأندلس، و أن أوربا التي تلومنا و تحاسبنا هي التي لم تستطع التعايش معهم و هي التي أرسلت ملايين منهم إلى المحرقة بلا رحمة، لكن المطلوب منا اليوم، و منذ احتلالهم العسكري مع أراضينا، هو التعايش مع دباباتهم في غرف نومنا! أقول لهم دلوني على إنسان واحد في هذا العالم يستطيع العيش مع دبابة في غرفة نومه.

إحساس بالعجز
هذا هو المعبر إلى فلسطين.
المعبر هو مكان خوف الكل على الكل. مكان الغموض المرهق للأعصاب. هنا قرارات لا يفسرها لك أحد، إجراءات لا تعرف طبيعتها أو مداها يمارسها ضدك بشر لا سلطة لك عليهم و لا سلطة لأحد فوق سلطتهم. هنا يربض ذئب قوي البنية حاد البصر، ذئب لا تعرف إن كان سيفتح فكيه قافزا باتجاهك أنت أم يمر بمحاذاتك لينهش جارك في الطابور. لا تكاد تفرح لنجاتك منه حتى تحزن لانقضاضه على غيرك. ثم إنك لا تأمن انقضاضه في أي اتجاه إلا بعد أن تخطو بقدميك سالما خارج المكان.
المعبر يعطل أبوة الآباء و أمومة الأمهات و صداقة الأصدقاء و عشق العشاق. هنا تصعب ممارسة الحنان. هنا تنتفي فرصة التضامن و النجدة. هنا لا أستطيع مساعدة ابني أو حمايته كأب.

خوف جائز
أنا مطمئن بشأن دخول تميم و إلا لما جئنا هنا اليوم.
أنا قلق على دخوله و إلا لما انتابني هذا الهذيان الآن.
هل يستحق أمر دخولنا كل هذا القلق؟
ألا يبدو قلقي سخيفا و مخجلا إذا قورن بعذابات شعبي المزمنة؟ ماذا لو دخلنا أو منعنا أو اعتقلنا أو حتى متنا هنا؟ أليس الفلسطيني محاطا بالموت؟ أليس عذابه على حدوديات الديكتاتوريات العربية و في مطاراتها متكررا و عاديا إلى حد الابتذال؟ هل يقارن قلقي التافه هذا بهدم بيت على رؤوس سكانه في جنين أو غزة؟ ما الذي أشكو منه هنا إذن؟ أريد أن أجعل من لحظة هذيان عابرة تاريخا باقيا. لا يسمع بنا أحد إلا و نحن تحت أنقاض البيوت و قذائف ال 16F، نتعذب عذابا مدويا و جماعيا و نصرخ على شاشات الدنيا. نحن لسنا جثثا فقط و لم نختر أن نكون. أريد أن أتعامل مع مشاعري القليلة الشأن التي لا يسمع عنها العالم أبدا، أريد أن أؤرخ لحقي في القلق العابر و الحزن البسيط و الشهوات الصغيرة و الأحاسيس التي تومض في القلب لمحا ثم تختفي. أنا لا أقول إن قلقي مبرر و لا أعتذر عنه. إنه قلقي و كفى. أنا أتحدث عنه كما هو. لا أريد شيئا من أحد. لا أستغيث و لا أريد عونا و لا تعاطفا بل أريد أن أتحسس داخلي لأعرفه و أصغي لصوت نفسي فأسمعه و أريد أن أؤرخ لما لن يؤرخه أحد نيابة عني. أريد أن أنقش أصغر مشاعري بإزميل على حجر بجوار الطريق.

أكذوبة
يقال إن الوقت ثمين و لا أصدق ذلك، فكثيرا ما نضيع الوقت عن طيب خاطر، بل إننا نتلهف على الإجازات و العطلات و نسعى لتوفير أي قسط من الكسل و نتفنن في إهدار الوقت بلعب الورق و مشاهدة التلفزيون و التسكع بين المقاهي، البشر في الحقيقة لا يزعجهم تبديد الوقت، أظن أن ما يزعجهم أكثر من أي وقت آخر هو "انتظار تبدده".

الميزان المائل
ضبطنا عدونا في لحظة تخلف تاريخي. كأننا لم نع ما حدث قبل حدوثه و لا لحظة حدوثه و ربما لا نعيه الآن بعد حدوثه. أم أننا وعينا و نعي، لكننا أضعف من أن نعدل الميزان الذي مال؟ و هل سيظل ميزاننا مائلا إلى الأبد؟  إلى بعض الأبد؟ إلى متى بالضبط؟ إنه الغموض. إنه غموض موجع كعضة الذئب.
أقول لنفسي : نحن لم نخسر فلسطين في حرب بحيث نتصرف الآن كمهزومين، و نحن لم نخسر فلسطين في مباراة للمنطق بحيث نستردها بالبراهين.
ضبطنا تاريخنا في لحظة كنا فيها في قاع الضعف. في قاع النعاس.
بوسعنا الآن أن نقول لأطفالنا إن النعاس لن يظل نصيبهم إلى الأبد و لا إلى بعض الأبد.
لكن علينا أن نعترف لهم و لأنفسنا قبلهم بأننا مسؤولون أيضا. جهلنا مسؤول، قصر نظرنا التاريخي مسؤول، و كذلك صراعاتنا الداخلية، منطقنا العائلي القبلي، و خذلنا عمقنا العربي المكون من دول معجبة بمستعمريها إلى حد الفضيحة. لكن لا يجوز لنا أن نجعل هذا سببا للصمت. يجب أن نكسر حالة الإنكار التي يواجهنا بها العالم. سنحكي الحكاية كما يجب أن تروى. سنروي تاريخنا الشخصي فردا فردا، سنحكي حكاياتنا الصغيرة كما عشناها و كما تتذكرها أرواحنا و أعيننا و خيالاتنا. لن نترك التاريخ تاريخا للأحداث الكبرى و للملوك و الضباط و كتب الرفوف ذات الغبار. سنقص وقائعنا الفردية و سيرة أجسادنا و حواسنا التي تبدو للغشيم سيرا تافهة و مفككة و بلا معنى. المعنى مرسوم فينا، فردا فردا، نساءا و رجالا و أطفالا و شجرا و بيوتا و شبابيك و مقابر لا يعزف أمامها السلام الوطني، و لا يتذكرها مؤرخ قلمه أعمى.

لسنا سياحا
لا أعرف إن كانت دهشتي مبررة عندما طلب مني تميم أن ألتقط له صورة فوتوغرافية تحت يافطة هذا الشارع: "طريق الآلام" و تحتها بالانجليزية Via Dolorosa و فوقها كلمتان بالعبرية. كان من المستحيل أن أقف "لأتصور" بالكاميرا هنا أو في أي مكان آخر في القدس. كان "طريق الآلام" شارعا نمر منه، مجرد شارع ضيق نقضي فيه أشغالنا و احتياجاتنا، أو نمر منه إلى ما يجاوره... كان "التاريخ" شارعا و دكانا و حلوى و أحذية و مدارس و عشبا عنيدا على الجدران، مشاجرات مراهقين و شهوات ممكنة أو عصية، لا معلما تلتقط عنده الصور. كان التقاط الصور شغلة السياح و الحجاج اليابانيين و الأوروبيين و الأمريكان. لا "شغلتنا" نحن.
...
لا يلتقط تميم صورا و لا يطلب منا أن نصوره. و دون أن يشرح أحد لأحد شيئا قرر الكل فيما يبدو أن الكاميرا ستجعلنا نبدو سياحا إلى الأبد. ألقينا بها في أقرب سلة مهملات.

تشويه المسافة       
من أقسى جرائم الاحتلال "تشويه المسافة" في حياة الفرد، نعم الاحتلال يغير المسافات، يخربها، يخل بها، يعبث بها على هواه. كلما قتل الجنود إنسانا اختلت المسافة المعهودة بين لحظة الميلاد و لحظة الموت. يغلق الاحتلال الطريق بين مدينتين فيجعل المسافة بينهما أضعاف ما تقوله خرائط الجغرافيا. الاحتلال يرمي صديقي في السجن فيجعل المسافة بينه و بين غرفة معيشته تقاس بالسنوات و بأعمار أبنائه و بناته الذين سيأتون له بأحفاد لن يراهم. يطارد الاحتلال رجلا واحدا في الجبال فيجعل المسافة بين نعاسه و مخدته تقاس بعواء الذئاب، و عتمة الكهوف، و تصبح أوراق الشجر مائدته الوحيدة. يعلمه كيف يحول حذاءه و الحصى إلى مخدة تحت رأسه، يتشابك فوقها الحلم و الكابوس. جندي الحاجز يصادر أوراقي لأني لم أعجبه لأمر ما فتصبح المسافة بيني و بين هويتي هي المسافة بين غضبه و رضاه. يقف جندي الاحتلال على بقعة يصادرها من الأرض و يسميها "هنا" فلا يبقى لي أنا، صاحبها المنفي في البلاد البعيد، إلا أن أسميها "هناك".

أحلام بسيطة
نعم، الأزمات الوجودية الطويلة إلى حد الملل، و الاعتداءات اليومية الممتدة على اتساع عشرات السنين، تحبس ضحاياها في "الأحلام البسيطة"، كحلم الانتقال من رصيف الشارع إلى رصيفه المقابل بسلام، وصول الطفل إلى مدرسته الابتدائية و العودة منها بحافلة المدرسة لا على أكتاف رفاقه المذهولين، التسكع الآمن على الشاطئ، الحلم بتوفر البنج في المستشفى، و كوب الماء عند العطش، الحصول على تصريح بزيارة الابن المعتقل، الثرثرة السخيفة في المقهى، النجاح في تجديد جواز السفر، التمكن من دفن الجدة في مسقط رأسها، البقاء خمس دقائق إضافية بجوار الحبيب و الحصول على إذن جندي مراهق يعلك اللبان بمرور السيدة إلى مستشفى الولادة قبل أن تضطر أن تلد مولودها تحت أقدام المراهقين بالزي العسكري. و للتذكير فقط أقول لمن يريد أن يسمع، إن الأحلام تصبح أكثر "خطورة" عندما تكون أحلاما "بسيطة".

تسمية جهنمية
آلة الدمار الإسرائيلية طردتهم من غرب فلسطين فلجأوا إلى شرقها.
فأي تفكير جهنمي أدى إلى أن يسمى "شرق فلسطين" "الضفة الغربية"؟
تفتح خريطة فلسطين التاريخية فتجدها تقع بين البحر الأبيض المتوسط غربا و نهر الأردن شرقا. احتلت العصابات الصهيونية فلسطين الغربية الواقعة على ساحل البحر المتوسط فلجأ بعض سكانه إلى فلسطين الشرقية الممتدة حتى نهر الأردن. و لأن المطلوب محو اسم "فلسطين" من الخريطة و من التاريخ و من الذاكرة، نسبت هذه المنطقة إلى نهر الأردن فسميت باللغة العربية و بكل لغات العالم "الضفة الغربية" و هكذا اختفى اسم "فلسطين" نهائيا من كل خرائط الدنيا.
فإذا كان غرب البلاد أصبح اسمه "إسرائيل" و شرقها أصبح اسمه "الضفة الغربية" فأين تقع فلسطين؟
هكذا لكي تضيع فلسطين أرضا كان يجب أن تضيع لغة أيضا.
و أنا كلما سمعت كلمة "الضفة الغربية" أفكر بخطورة التلوث اللغوي المقصود الذي أدى بالفعل إلى اغتيال اسم "فلسطين".

صراع على الحكاية
إن أقسى درجات المنفى أن لا يكون الإنسان مرئيا. أنا لا يسمح له بأن يروي روايته بنفسه. و الشعب الفلسطيني يرويه أعداؤه و يضعون له التعريف الذي يناسب حضورهم و غيابه. يلصقون على جبينه الوصمة التي يريدون. مسموح للطرف الأضعف في أي صراع أن يصرخ، مسموح له أن يشكو، مسموح له أن يبكي، و لكن ليس مسموحا له أن يحكي حكايته أبدا. الصراع على الأرض يصبح صراعا على الحكاية. و شيئا فشيئا يكتشف الضعيف أن عدوه لا يأذن له بأن يكون "مظلوما". العدو يأذن له أن يكون "مخطئا" فقط. و ناقصا فقط، و يستحق الألم لأنه يجلبه لنفسه نتيجة نقصانه و عيوبه هو لا نتيجة لسلوك العدو. و هذه أقسى حالات غياب العدالة. و غياب العدالة منفى، و التنميط منفى و سوء الفهم منفى. و بهذا المعنى فإن الشعب الفلسطيني كله منفي لأن حكايته غائبة.

عرفات
لم أكن راضيا عن كثير من سياساته و لا عن قبلاته المتبادلة مه الحكام العرب و ميله إلى تنفيذ إملاءاتهم و استعانته بعناصر سيئة لخدمة قضية تستحق أن يستعان بأفضل عناصر شعبنا لخدمتها، لكني رغم ذلك كله كنت شأني شأن الشعب الفلسطيني كله لا أرى في أخطائه أخطاء المجرم بل أخطاء الضحية. كان يواجه من الصعوبات ما لا يحمله جبل.
أقول لنفسي في ما يشبه النقد الذاتي:
هذا قائد حركة تحرر في المنفى يحيط به عشرون نظاما عربيا يرونه خطرا عليهم، يتمنون فشله، يتحالفون مع أعدائه، يمنعونه من القول و الفعل و الحركة، في أحيان تكررت، يرفعون في وجهه السلاح و يطاردون كوادره و فدائييه من الأردن إلى لبنان إلى اليمن و ليبيا و سورية و السودان حتى حشرت الثورة كلها في "فندق سلوى" في تونس. كان يداري و يواري و يجامل و يقدم تنازلا هنا ليكسب نقطة هناك و كان بالضرورة يخطئ، مرة أخرى خطأ الضحية لا خطأ المجرم. ها هو يعيش هنا في "المقاطعة" تحت قصف الدبابات الإسرائيلية و في ظل تخلي كل الحكام العرب عنه، و كيف أن بعضهم يرفض الرد على مكالماته الهاتفية، فأشعر أنه يخصني.
أنا المواطن البسيط الذي لم أؤيد سياساته أتنعم في "أجمل بقاع الريف الانجليزي" و هو في حصاره الطويل في حاجة إلى نصف علبة سردين، و هو بين أيدي أطبائه في حاجة إلى جرعة هواء، و هو في كفنه في حاجة إلى مترين من الأرض في مدينته القدس، لعل ترابها يضم إلى ذاكرتها جسده القصير و حكايته الطويلة. لكنه أيضا "الرئيس" العربي الوحيد الذي قال "لا" لرئيس أقوى دولة في العالم، و رفض التنازل، و مات موتا ملتبسا لن يتضح إلا عندما يحقق علم السموم و بحوثها تقدما عظيما يكشف الأسرار.
رآه البعض أبا. و لم أره "أبا" على الإطلاق. أنا من الأساس لا أحب للزعيم أن يكون "أبا" و لا أحب للمواطنين أن يكونوا "أبناء" و لا أحب للوطن أن يكون "عائلة".
لكن طريقته في الموت البسيط كانت أكثر تعقيدا من أن أمر عليها كسنة مكررة من سنن الحياة. هنا مقدار من لوم الذات و من بعض الندم على مواقفي السابقة، و هنا مقدار من الحيرة في تحديد إرثه التاريخي و في تسمية دقيقة لما سيبقى منه للتاريخ.

الحجاب
ليس الورع أشهر ما يميز البراغثة لكن معظم نساء العائلة الآن يرتدين الحجاب بما في ذلك اثنتان من زوجات أشقائي الثلاثة. و هن بنات خالي عطا بالإضافة إلى بعض بناتهن أيضا. أنا لا أدين ارتداء الحجاب و لا أدين من تقرر أن ترتديه. ما أدينه هو اعتبار الحجاب ماركة مسجلة للإيمان و برهانا على التقوى و الصلاح و حسن الأخلاق. الحجاب زي، و الزي لا يبرهن شيئا و لا ينفي شيئا. أما النقاب فهو مخالفة جنائية. لماذا؟ لأن المرأة المنقبة التي لا تظهر ملامح وجهها أشبه بسيارة تسير في الشوارع بدون لوحة أرقام.

الوجع و الإلهام
يقولون إن الوجع الدائم يشكل باعثا على الكتابة، و لا أصدق هذا الهراء. الوجع يشكل عائقا للكتابة أحيانا. أعد نفسي شاعرا مقلا في نهاية المطاف و أعجب لأولئك الذين ينشرون أربعين أو خمسين ديوانا بحجة أن "معاناتهم" مستمرة. الوجع التاريخي عبء على القصيدة، لأن تاريخيته تعني أنه مزمن، و كل مزمن ممل، من التهاب الرئة إلى التهاب القوافي. وصل الوجع الفلسطيني من الاحتلال، و الوجع العربي من الديكتاتورية، حدا معطلا للشعر. ما يسمى بالشعر "الوطني" يتكئ في معظمه على البلاغة و الفصاحة. و الفصاحة قد تهز التاريخ لكنها لا تحمي الجغرافيا.

صناعة الخوف
في الديكتاتوريات، أفضل الصناعات الوطنية و أكثرها إتقانا و متانة و تغليفا و سرعة في التوصيل إلى المنازل، هي صناعة الخوف.
سوف نراهم، رضوى و أنا، بعجز، يهبطون بتميم درج العمارة، و سلاحهم مصوب إلى ظهره.
السلطة الباطشة هي ذاتها عربية كانت أو إسرائيلية. القسوة هي القسوة و الانتهاك هو الانتهاك أيا كان الفاعل.
المؤلم هو غياب آلية قانونية واضحة لما بعد الاعتقال.
هو ولد في مصر لأم مصرية و تعلم في مدارسها...حين يعتقلونه مع مئات الطلاب ستطالبه سلطات الأمن المصرية كأجنبي و "تنصحه" بمغادرة البلاد.
يضطر تميم إلى مغادرة مصر.
ما ترسخ لدي من تلك الواقعة هو عجزي عن حماية ابني.

أسهل الحلول
دخلت العقد السابع من عمري و لم أسجن في حياتي إلا لأيام قليلة في بلد عربي يحكمه ديكتاتور عربي و ليس في سجن إسرائيلي. لكن فكرة السجن ما زالت تحيرني. السجن في عقل الديكتاتور تجريد لا تفاصيل، فكرة لا حيثيات، فكرة لا تتطلب برهانا و لا دليلا. و لأن إصدار الأمر بوضع الناس في السجن هو الحل الوحيد الذي لا يحتاج إلى ذكاء فإن السجن في خيارات الديكتاتور هو أول الحلول، أسهلها، و أضمنها. و الديكتاتور لا يغير رأيه ما دام في كرسيه، إنه يغير رأيه في مكان آخر. في العالم الآخر مثلا، لا أقل. عرش الديكتاتور رأيه. يستيقظ هو و رأيه في نفس اللحظة (شوف الصدف!) و لا يفارقه طوال ساعات اليوم، لا يفارقه طوال ساعات الحكم، التي هي ساعات عمره كله.

آمال


Thursday, August 31, 2017

Le monde de Sophie – Partie 10


Hegel

George Wilhelm Friedrich Hegel est né à Stuttgart en 1770. Il a étudié la théologie à Tübingen. A partir de 1818, il a obtenu une chaire à Berlin. Il est mort en 1831 du choléra. Hegel a développé les principaux courants de la pensée des romantiques. En parallèle, il a critiqué la philosophie de Schelling.

Pensée
Détails – Extraits du livre
Pour Schelling et les autres romantiques l’« esprit du monde » est l'origine de l'existence.
Quant à Hegel, il définit l'« Esprit du monde » comme étant la somme de toutes les manifestations à caractère humain. Pour lui la progression de l'Esprit du monde se fait à travers l'histoire.
Hegel voit que la vérité est subjective et il ne croit pas qu'il puisse exister une vérité au-dessus ou en dehors de la raison humaine. Il dit que toute connaissance est connaissance humaine.
La philosophie de Hegel propose une méthode pour comprendre le mouvement de l'histoire. Selon lui, on ne peut parler de « vérités éternelles » ou de raison intemporelle. Seule l’histoire offre la seule base solide à partir de laquelle le philosophe peut travailler.
Tous les systèmes philosophiques avant Hegel avaient en commun d'essayer de trouver les critères éternels qui pourraient déterminer le champ du savoir de l'homme. Cela vaut pour Descartes et Spinoza aussi bien que pour Hume et Kant. Chacun avait tenté de définir les fondements de la connaissance humaine, mais en se situant chaque fois dans des conditions intemporelles.
Hegel souligne que la raison est dynamique et progressive.  La connaissance de l'être humain est en perpétuel développement. C'est un processus et la « vérité » est ce processus même.
Selon lui, il n'existe en effet aucun critère extérieur à ce processus historique pour déterminer ce qui présenterait le plus grand degré de « vérité » ou de « raison ».
Tu ne peux pas tirer hors de leur contexte différentes pensées de l'Antiquité, du Moyen Age, de la Renaissance ou du siècle des Lumières et les classer en disant : celle-ci est juste et celle-là est fausse. Tu ne peux pas dire que Platon avait tort et Aristote raison, ou encore que Hume avait tort, mais que Kant et Schelling avaient raison. C'est une manière complètement antihistorique d'analyser le problème.
Hegel pense que l'esprit du monde progresse pour atteindre une conscience de plus en plus grande de lui-même.
Selon lui, à travers la culture et l'évolution des hommes, l'Esprit du monde prend de plus en plus conscience de sa spécificité.
L'histoire témoigne en effet que l'humanité évolue dans le sens d'une plus grande rationalité et d'une plus grande liberté. Malgré tous ses méandres, le processus historique va « vers l'avant ».
Hegel dit que l’histoire est une longue chaîne de pensées. C'est ce que Hegel appelle un processus dialectique. C’est-à-dire,  lorsqu’une pensée vient se greffer sur d'autres pensées plus anciennes, elle va être contrée par une nouvelle pensée. ce qui va créer ainsi une tension entre les deux. Ensuite, la discussion de cette contradiction va donner naissance à une troisième pensée qui conservera le meilleur des deux points de vue.
Les Éléates affirmèrent qu'aucune matière ne pouvait se transformer : Hegel appelle cela une position.
Héraclite déclara que « tout s'écoule ». Ce que Hegel appelle une négation.
Empédocle affirma que tous les deux avaient à la fois raison et tort. Les Éléates avaient raison en affirmant que rien fondamentalement ne se transforme, mais ils avaient tort en disant que l'on ne pouvait se fier à ses sens. Héraclite, lui, avait raison de croire qu'on pouvait se fier à ses sens, mais tort quand il disait que tout s'écoule. Car il n'y avait pas qu'une seule substance élémentaire. La composition changeait constamment et non les éléments eux-mêmes. C'est ce que Hegel a appelé la négation de la négation.
Hegel a qualifié trois stades de la connaissance : thèse, antithèse et synthèse.
Hegel qualifie ces trois maillons par triade car la synthèse elle aussi va être contredite par une nouvelle antithèse.
Ainsi tu peux dire que le rationalisme de Descartes était une thèse qui fut contredite par l'antithèse empirique de Hume. Mais cette contradiction, cette tension entre deux différents modes de pensée, fut niée et en même temps conservée dans la synthèse de Kant. Kant donna raison à la fois aux rationalistes et aux empiristes sur des points précis tout en montrant leurs erreurs respectives sur des points importants. Mais l'histoire ne s'arrêta pas avec Kant. La synthèse de Kant devint à son tour un nouveau point de départ pour une nouvelle chaîne de pensées.
Selon Hegel c'est l'histoire qui montrera ce qui est vrai ou faux. Il disait : ce qui est « raisonnable », c'est ce qui est « doué de vie ».
En d’autres termes : ce qui est juste, c'est ce qui continuera à vivre.
La conception du « raisonnable » est en perpétuelle évolution. Les conceptions qui paraitraient si « évidentes », pourraient ne pas résister à l'épreuve du temps.
Il y a cent cinquante ans, de nombreuses personnes revendiquèrent l'égalité des droits entre les hommes et les femmes. Mais d'autres s'insurgèrent contre cette égalité. Si nous nous penchons aujourd'hui sur l'argumentation des deux parties, il est très difficile de dire qui avait les arguments les plus « raisonnables ». Nous ne devons jamais oublier qu'il est toujours facile de dire « après coup » ce qu'il convenait de faire dans telle ou telle situation. Il s'avère que ceux qui prônaient l'égalité des droits entre les hommes et les femmes avaient raison.
Contrairement aux romantiques qui étaient des individualistes, Hegel souligne l'importance des « forces objectives », c'est-à-dire la famille et l'État. Hegel inclut l’individu en tant que partie organique dans une communauté. Selon lui, la raison ou l'Esprit du monde ne peut se révéler que dans les rapports des hommes entre eux.
Selon Hegel, ce n'est pas l'individu qui vit pour lui-même mais l'Esprit du monde.
- La raison se révèle avant tout dans la langue. Et nous naissons au monde avec une langue. La langue française peut très bien vivre sans monsieur Dupond, mais monsieur Dupond ne peut pas vivre sans la langue française. Ce n'est pas l'individu qui crée la langue, mais bien la langue qui crée l'individu.
- De même que l'individu naît au monde dans une certaine langue, il naît aussi dans un certain contexte historique. Et personne ne peut avoir une relation « libre » vis-à-vis de ce contexte. Celui qui ne trouve pas sa place dans l'État est une personne antihistorique.
Hegel dit que l'Esprit du monde prend conscience de lui-même en trois stades : la raison subjective, la raison objective et la Conscience absolue.
- La raison subjective : Tout d'abord, l'Esprit du monde prend conscience de lui dans l'individu.
- La raison objective : est celui de la famille et de l'État, qui se révèle au contact des hommes entre eux.
- La conscience absolue : c'est l'art, la religion et la philosophie.
Hegel semble faire des femmes des êtres naturellement passifs incapables de s’émanciper politiquement.
« La différence qu'il y a entre l'homme et la femme est celle qu'il y a entre l'animal et la plante, a-t-il écrit. L'animal correspond davantage au tempérament masculin, la plante davantage à celui de la femme. Car la femme a davantage un développement paisible, dont le principe est l'unité indéterminée de la sensibilité. Si les femmes sont à la tête du gouvernement, l'État est en danger, car elles n'agissent pas selon les exigences de l'universalité, mais au gré des inclinations et des opinions contingentes. La formation de la femme se fait, on ne sait trop comment, par imprégnation de l'atmosphère que diffuse la représentation, c'est-à-dire davantage par les circonstances de la vie que par l'acquisition des connaissances. L'homme, par contre, ne s'impose que par la conquête de la pensée et par de nombreux efforts d'ordre technique. »


Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
Interests: Reading, travel and social activities.