Thursday, March 22, 2018

Le Prince – Extraits


« Le prince » est un traité politique écrit par le philosophe florentin Nicolas Machiavel au début du XVIème siècle. Depuis sa publication jusqu’à nos jours, il a suscité plusieurs débats et discussions et a été accusé d’immoralisme, d’où le terme « Machiavélisme ». Dans ce livre, Machiavel analyse des expériences historiques et contemporaines pour en tirer des leçons bénéfiques pour les nouveaux princes. Il y décrit ainsi les qualités qu’un prince doit posséder pour mener à bien sa tâche et propose les politiques qu’il doit adopter avec son peuple et avec les forces extérieures pour atteindre son but ultime ; conserver sa vie et son Etat. Ci-après quelques extraits du livre.


Le changement : Prix à payer !
Il y a une première source de changement dans une difficulté naturelle inhérente à toutes les principautés nouvelles : c'est que les hommes aiment à changer de maître dans l'espoir d'améliorer leur sort ; que cette espérance leur met les armes à la main contre le gouvernement actuel ; mais qu'ensuite l'expérience leur fait voir qu'ils se sont trompés et qu'ils n'ont fait qu'empirer leur situation : conséquence inévitable d'une autre nécessité naturelle où se trouve ordinairement le nouveau prince d'accabler ses sujets, et par l'entretien de ses armées, et par une infinité d'autres charges qu'entraînent à leur suite les nouvelles conquêtes.

Les qualités d’un "bon" prince
Le prince élevé par les grands a plus de peine à se maintenir que celui qui a dû son élévation au peuple.
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La guerre, les institutions et les règles qui la concernent sont le seul objet auquel un prince doive donner ses pensées et son application, et dont il lui convienne de faire son métier : c'est là la vraie profession de quiconque gouverne ; et par elle, non seulement ceux qui sont nés princes peuvent se maintenir, mais encore ceux qui sont nés simples particuliers peuvent souvent devenir princes. C'est pour avoir négligé les armes, et leur avoir préféré les douceurs de la mollesse, qu'on a vu des souverains perdre leurs États. Mépriser l'art de la guerre, c'est faire le premier pas vers sa ruine ; le posséder parfaitement, c'est le moyen de s'élever au pouvoir.
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Il faut donc qu'un prince qui veut se maintenir apprenne à ne pas être toujours bon, et en user bien ou mal, selon la nécessité.
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Comme il y a certaines qualités qui semblent être des vertus et qui feraient la ruine du prince, de même il en est d'autres qui paraissent être des vices, et dont peuvent résulter néanmoins sa conservation et son bien-être.
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Le prince dépense ou de son propre bien et de celui de ses sujets, ou du bien d'autrui : dans le premier cas il doit être économe ; dans le second il ne saurait être trop libéral.
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Il est donc plus sage de se résoudre à être appelé avare, qualité qui n'attire que du mépris sans haine, que de se mettre, pour éviter ce nom, dans la nécessité d'encourir la qualification de rapace, qui engendre le mépris et la haine tous ensemble.
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En faisant un petit nombre d'exemples de rigueur, vous serez plus clément que ceux qui, par trop de pitié, laissent s'élever des désordres d'où s'ensuivent les meurtres et les rapines ; car ces désordres blessent la société tout entière, au lieu que les rigueurs ordonnées par le prince ne tombent que sur des particuliers.
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Ajoutons qu'on appréhende beaucoup moins d'offenser celui qui se fait aimer que celui qui se fait craindre ; car l'amour tient par un lien de reconnaissance bien faible pour la perversité humaine, et qui cède au moindre motif d'intérêt personnel ; au lieu que la crainte résulte de la menace du châtiment, et cette peur ne s'évanouit jamais.
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On peut combattre de deux manières : ou avec les lois, ou avec la force. La première est propre à l'homme, la seconde est celle des bêtes ; mais comme souvent celle-là ne suffit point, on est obligé de recourir à l'autre : il faut donc qu'un prince sache agir à propos, et en bête et en homme.
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Pour en revenir aux bonnes qualités énoncées ci-dessus, il n'est pas bien nécessaire qu'un prince les possède toutes ; mais il l'est qu'il paraisse les avoir.
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On doit bien comprendre qu'il n'est pas possible à un prince, et surtout à un prince nouveau, d'observer dans sa conduite tout ce qui fait que les hommes sont réputés gens de bien, et qu'il est souvent obligé, pour maintenir l'État, d'agir contre l'humanité, contre la charité, contre la religion même.
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Il doit aussi prendre grand soin de ne pas laisser échapper une seule parole qui ne respire les cinq qualités que je viens de nommer ; en sorte qu'à le voir et à l'entendre on le croie tout plein de douceur, de sincérité, d'humanité, d'honneur, et principalement de religion, qui est encore ce dont il importe le plus d'avoir l'apparence.
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On estime aussi un prince qui se montre franchement ami ou ennemi, c'est-à-dire qui sait se déclarer ouvertement et sans réserve pour ou contre quelqu'un ; ce qui est toujours un parti plus utile à prendre que de demeurer neutre.

Gestion des colonies
L'établissement des colonies est peu dispendieux pour le prince ; il peut, sans frais ou du moins presque sans dépense, les envoyer et les entretenir ; il ne blesse que ceux auxquels il enlève leurs champs et leurs maisons pour les donner aux nouveaux habitants. Or les hommes ainsi offensés n'étant qu'une très faible partie de la population, et demeurant dispersés et pauvres, ne peuvent jamais devenir nuisibles ; tandis que tous ceux que sa rigueur n'a pas atteints demeurent tranquilles par cette seule raison ; ils n'osent d'ailleurs se mal conduire, dans la crainte qu'il ne leur arrive aussi d'être dépouillés.
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Sur quoi il faut remarquer que les hommes doivent être ou caressés ou écrasés : ils se vengent des injures légères ; ils ne le peuvent quand elles sont très grandes ; d'où il suit que, quand il s'agit d'offenser un homme, il faut le faire de telle manière qu'on ne puisse redouter sa vengeance.
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Sur cela, il est à observer que celui qui usurpe un État doit déterminer et exécuter tout d'un coup toutes les cruautés qu'il doit commettre, pour qu'il n'ait pas à y revenir tous les jours, et qu'il puisse, en évitant de les renouveler, rassurer les esprits et les gagner par des bienfaits.

Stratégie de défense
Un prince dont la ville est bien fortifiée, et qui ne se fait point haïr de ses sujets, ne doit pas craindre d'être attaqué ; et s'il l'était jamais, l'assaillant s'en retournerait avec honte : car les choses de ce monde sont variables ; et il n'est guère possible qu'un ennemi demeure campé toute une année avec ses troupes autour d'une place.
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Pour tout État, soit ancien, soit nouveau, soit mixte, les principales bases sont de bonnes lois et de bonnes armes. Mais, comme là où il n'y a point de bonnes armes, il ne peut y avoir de bonnes lois, et qu'au contraire il y a de bonnes lois là où il y a de bonnes armes, ce n'est que des armes que j'ai ici dessein de parler.
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En un mot, ce qu'on doit craindre des troupes mercenaires, c'est leur lâcheté ; avec des troupes auxiliaires, c'est leur valeur.
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En peu de mots, le conspirateur est toujours troublé par le soupçon, la jalousie, la frayeur du châtiment ; au lieu que le prince a pour lui la majesté de l'empire, l'autorité des lois, l'appui de ses amis, et tout ce qui fait la défense de l'État ; et si à tout cela se joint la bienveillance du peuple, il est impossible qu'il se trouve quelqu'un d'assez téméraire pour conjurer ; car, en ce cas, le conspirateur n'a pas seulement à craindre les dangers qui précèdent l'exécution, il doit encore redouter ceux qui suivront, et contre lesquels, ayant le peuple pour ennemi, il ne lui restera aucun refuge.
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Le prince qui a plus de peur de ses sujets que des étrangers doit construire des forteresses ; mais il ne doit point en avoir s'il craint plus les étrangers que ses sujets.La meilleure forteresse qu'un prince puisse avoir est l'affection de ses peuples - s'il est haï, toutes les forteresses qu'il pourra avoir ne le sauveront pas ; car si ses peuples prennent une fois les armes, ils trouveront toujours des étrangers pour les soutenir.

Politique interne
Le prince doit donc, s'il est doué de quelque sagesse, imaginer et établir un système de gouvernement tel, qu'en quelque temps que ce soit, et malgré toutes les circonstances, les citoyens aient besoin de lui : alors il sera toujours certain de les trouver fidèles.
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C'est que le prince doit se décharger sur d'autres des parties de l'administration qui peuvent être odieuses, et se réserver exclusivement celles des grâces ; en un mot, je le répète, il doit avoir des égards pour les grands, mais éviter d'être haï par le peuple.
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Un prince doit encore se montrer amateur des talents, et honorer ceux qui se distinguent dans leur profession.
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Il doit de plus, à certaines époques convenables de l'année, amuser le peuple par des fêtes, des spectacles.Il paraîtra quelquefois dans leurs assemblées, et montrera toujours de l'humanité et de la magnificence, sans jamais compromettre néanmoins la majesté de son rang, majesté qui ne doit l'abandonner dans aucune circonstance.

Le prince et ses ministres
Ce n'est pas une chose de peu d'importance pour un prince que le choix de ses ministres, qui sont bons ou mauvais selon qu'il est plus ou moins sage lui-même. Aussi, quand on veut apprécier sa capacité, c'est d'abord par les personnes qui l'entourent que l'on en juge.
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Si un prince veut une règle certaine pour connaître ses ministres, on peut lui donner celle-ci : Voyez-vous un ministre songer plus à lui-même qu'à vous, et rechercher son propre intérêt dans toutes ses actions, jugez aussitôt qu'il n'est pas tel qu'il doit être, et qu'il ne peut mériter votre confiance ; car l'homme qui a l'administration d'un État dans les mains doit ne jamais penser à lui mais doit toujours penser au prince, et ne l’entretenir que de ce qui tient à l'intérêt de l'État. 
Mais il faut aussi que, de son côté, le prince pense à son ministre, s'il veut le conserver toujours fidèle ; il faut qu'il l'environne de considération, qu'il le comble de richesses, qu'il le fasse entrer en partage de tous les honneurs et de toutes les dignités, pour qu'il n'ait pas lieu d'en souhaiter davantage ; que, monté au comble de la faveur, il redoute le moindre changement, et qu’il soit bien convaincu qu'il ne pourrait se soutenir sans l'appui du prince.
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Il doit, s'il est prudent, faire choix dans ses États de quelques hommes sages, et leur donner, mais à eux seuls, liberté entière de lui dire la vérité, se bornant toutefois encore aux choses sur lesquelles il les interrogera. Il doit, du reste, les consulter sur tout, écouter leurs avis, résoudre ensuite par lui-même ; il doit encore se conduire, soit envers tous les conseillers ensemble, soit envers chacun d'eux en particulier, de manière à les persuader qu'ils lui agréent d'autant plus qu'ils parlent avec plus de franchise ; il doit enfin ne vouloir entendre aucune autre personne, agir selon la détermination prise, et s'y tenir avec fermeté.
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Un prince doit donc toujours prendre conseil, mais il doit le faire quand il veut, et non quand d'autres le veulent ; il faut même qu'il ne laisse à personne la hardiesse de lui donner son avis sur quoi que ce soit, à moins qu'il ne le demande ; mais il faut aussi qu'il ne soit pas trop réservé dans ses questions, qu'il écoute patiemment la vérité, et que lorsque quelqu'un est retenu, par certains égards, de la lui dire, il en témoigne du déplaisir.

Le prince et la Fortune
Ne pouvant admettre que notre libre arbitre soit réduit à rien, j'imagine qu'il peut être vrai que la fortune dispose de la moitié de nos actions, mais qu'elle en laisse à peu près l'autre moitié en notre pouvoir. 
Il en est de même de la fortune, qui montre surtout son pouvoir là où aucune résistance n'a été préparée, et porte ses fureurs là où elle sait qu'il n'y a point d'obstacle disposé pour l'arrêter.
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C'est pour cela encore que ce qui est bien ne l'est pas toujours. Ainsi, par exemple, un prince gouverne-t-il avec circonspection et patience : si la nature et les circonstances des temps sont telles que cette manière de gouverner soit bonne, il prospérera ; mais il décherra, au contraire, si, la nature et les circonstances des temps changeant, il ne change pas lui-même de système.
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Je pense, au surplus, qu'il vaut mieux être impétueux que circonspect ; car la fortune est femme : pour la tenir soumise, il faut la traiter avec rudesse ; elle cède plutôt aux hommes qui usent de violence qu'à ceux qui agissent froidement : aussi est-elle toujours amie des jeunes gens, qui sont moins réservés, plus emportés, et qui commandent avec plus d'audace.

Amal

Wednesday, February 28, 2018

Le monde de Sophie – Freud


Freud est né en 1856 (à Freiberg : République tchèque). Il a étudié la médecine à l'université de Vienne et il s’est spécialisé en neurologie. Il est l’un des représentants les plus importants des mouvements naturalistes qui ont marqué la fin du xixe siècle. Il a mis au point sa méthode thérapeutique qui consiste à faire remonter à la conscience du patient une « expérience traumatisante » de son passé qui est restée cachée au fil des années pour pouvoir y faire face. Il a déclaré que de nombreuses formes de névroses ou de souffrances psychiques pouvaient remonter à des conflits dans l'enfance. Dans ce sens, Freud a pratiqué ce qu'il a appelé la technique d'associations libres qui consiste pour le patient à exprimer toutes les pensées (idées ; images ; …) sans discrimination et de manière spontanée. En effet, le patient allongé raconte librement tout ce qui lui vient à l'esprit. Le rôle du praticien consiste à casser ce contrôle qui maintient enfermés les traumatismes qui dérangent constamment le patient.

Son livre le plus important parus en 1900 s'intitulait l'Interprétation des rêves. Il y explique que tout rêve est l’accomplissement déguisé d’un désir refoulé et qu’à travers les rêves, les pensées inconscientes essaient de se frayer un chemin jusqu'à la conscience. Freud a déclaré aussi que les petits enfants ont une sorte de sexualité. A cause de cela, il est devenu très impopulaire dans le milieu bourgeois à Vienne.

Cartographie de l'appareil psychique élaboré par Freud


Traits généraux de la théorie psychanalytique de Sigmund Freud

Pulsions et raison

Freud pense qu'il existe une relation conflictuelle entre les pulsions et les désirs de l'homme d’un côté, et les exigences du monde qui l'entoure de l’autre. Selon lui, il n'y a pas que la raison qui guide nos actions. Des impulsions irrationnelles déterminent elles aussi nos pensées, nos rêves et nos actions. Elles peuvent être aussi l'expression d'instincts ou de désirs profonds.

Le ça, le Moi et le Surmoi

Freud appelle le « principe de pulsion » ou de « plaisir » en nous, le « ça ». Le ça désigne la part la plus inconsciente de l’homme, c’est le réservoir des instincts humains, le réceptacle des désirs inavoués et refoulés au plus profond. Cependant, selon Freud, en grandissant on apprend progressivement à prioriser le principe de réalité au principe de plaisir. On construit ainsi un Moi qui assure la stabilité du sujet, en l’empêchant au quotidien de libérer ses pulsions. Freud mit en évidence une troisième instance dans l'âme de l'homme appelé le Surmoi qui représente une intériorisation des interdits parentaux, une puissance interdictrice  dont le Moi est obligé de tenir compte.

Le conscient, le préconscient et l’inconscient

Selon Freud, l’âme humaine est composée du conscient, du préconscient et de l’inconscient :
- Le conscient : c’est là ou sont reçues les perceptions du monde extérieur et du monde intérieur 
- Le préconscient cache des pensées ou des expériences qui peuvent revenir en mémoire avec un effort de concentration 
- L’inconscient constitue les pensées jugées inconvenantes et déplacées, et refoulées.

Mécanisme de refoulement

Selon Freud, il y a un mécanisme de refoulement chez les êtres humains en bonne santé. Cependant, certains souffrent énormément pour refouler des pensées dérangeantes qui tentent constamment de remonter à la conscience et maintenir ainsi cet équilibre artificiel entre leurs désirs et la réalité. Ces pensées et ces désirs refoulés et qui essaient de remonter à la conscience se manifestent sous plusieurs formes de réactions inconscientes :
- Le lapsus est une erreur verbale ou écrite ou mémorielle qui apparaît comme une manifestation inconsciente. 
- La rationalisation est le procédé par lequel le sujet cherche à donner une explication cohérente du point de vue logique, ou acceptable du point de vue moral, à une attitude, une action, une idée, un sentiment, etc. 
- La projection opération par laquelle une personne expulse de soi et localise dans l’autre, des qualités, des sentiments, des désirs, voire des « objets », qu’il méconnaît ou refuse en lui.

Interprétation des rêves

Freud voit dans le rêve la satisfaction masquée des désirs refoulés. En effet, ces désirs sont souvent déguisés parce que même en dormant, il y a une censure sévère exercée. Il signale qu’il y a une différence entre les images proprement dites du rêve « contenu manifeste » du rêve qui trouve toujours sa source dans les événements de la veille et son sens caché « le contenu latent » du rêve qui échappe à la conscience et peuvent remonter très loin, parfois même jusqu'à l’enfance.

Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
Interests: Reading, travel and social activities.

Monday, January 29, 2018

Le monde de Sophie - Darwin


Charles Darwin est né en Angleterre dans la petite ville de Shrewsbury en 1809. Son père, le Dr Robert Darwin, était un médecin réputé. Darwin a suivi des études de théologie à l'université de Cambridge où il a obtenu son diplôme mais sans avoir un réel intérêt pour cette spécialité. En fait, Darwin avait une passion tout à fait différente : il passait son temps à chasser les oiseaux et collectionner les insectes. Il s'intéressait aussi à la géologie. En avril 1831, il a été proposé par son professeur John Steven Henslow pour participer à un voyage maritime sur le fameux navire Beagle. L’objectif de ce voyage était d’établir la carte de la pointe sud de l'Amérique pour le compte du gouvernement anglais et il n’était censé durer que deux ans. Ce voyage en Amérique du Sud est devenu le plus important voyage scientifique de l’époque et a duré cinq ans. Darwin lui-même a écrit que « son voyage sur le Beagle a été l'événement le plus déterminant de toute sa vie ». Grâce à ses incursions, il a pu rassembler toute sorte d'échantillons qu'il a envoyés en Angleterre pour examen. Bien qu’il a eu déjà sa théorie d’évolution durant son voyage, il a gardé ses réflexions pour lui et n’a osé publier son œuvre maitresse qu’après de nombreuses années de prudence. Par ces théories, Darwin a attiré la colère des milieux religieux et l’Eglise. Malgré cela, il a été hautement honoré à sa mort pour ses efforts de recherches et pour sa théorie sur l’évolution des espèces.

Dans son livre intitulé « On the Origin of Species by Means of Natural Selection or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life » : « De l'origine des espèces par la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie », Darwin propose deux théories :
- Toutes les plantes ou les animaux qui existent aujourd'hui descendent de formes plus anciennes, plus primitives. Il affirme donc qu'il se produit une évolution biologique.
- L'évolution est due à une sélection naturelle.
En ce qui concerne l’évolution des espèces, plusieurs savants avant Darwin ont traité ce point comme le zoologue français Jean-Baptiste Lamarck et le grand père de Darwin Erasmus Darwin. Mais, ces derniers n'étaient pas capables d’expliquer comment s'était produite cette évolution.

Traits généraux de la théorie de Darwin sur l’évolution des espèces

1. Darwin a effectué toute une série de découvertes et d'observations qui remettent en cause la conception traditionnelle de la création telle vue par l’église, ou encore par Platon et Aristote. Durant son voyage sur le Beagle, il a pu trouver plusieurs fossiles témoignant l’existence d’une diversité d’espèces animales. Certaines de ces créatures ressemblent à celles encore vivantes à l’époque de Darwin avec des différences plus ou moins légères :
« L'idée sous-jacente était que chaque espèce animale avait été créée une fois pour toutes par un acte créateur particulier… La théorie des idées de Platon partait du principe que toutes les espèces d'animaux étaient immuables parce qu'elles étaient créées d'après les modèles ou les formes des idées éternelles. Chez Aristote aussi on retrouve cette idée de l'immuabilité des espèces animales. »
2. Darwin avait remarqué que certaines espèces dans différents endroits se ressemblent avec juste quelques différences minimes mais adaptées à des conditions et besoins spécifiques. Ces observations ont poussé Darwin à poser plusieurs questions du genre :
- Pourquoi Dieu avait créé ces créatures qui se ressemblent parfaitement mais avec quelques différences minimes d’un endroit à l’autre ? 
- Dieu avait-il réellement créé une bonne fois pour toutes ces espèces avec leurs légères différences entre elles ? 
- Ces créatures descendaient-elles d’une seule espèce et chacune d’elles s’était adaptée par la suite aux circonstances de l’environnement et leurs besoins de survie ?
 « D'une île à l'autre (les îles Galapagos, à l'ouest de l'Équateur), il put observer des variations très précises entre différentes espèces de pinsons. Darwin établit une corrélation entre la forme de leur bec et le type de nourriture qu'ils trouvaient sur l'île (graines de pommes de pin ou insectes vivant sur les troncs d'arbres et les branches). Chacun de ces pinsons possédait en effet un type de bec (pointu ou crochu) parfaitement adapté pour saisir sa nourriture. »

3. Darwin était influencé par l’ouvrage du géologue Charles Lyell, « Principles of Geology » où il a expliqué que des changements minimes dans un intervalle de temps considérablement long pourraient conduire à des changements très grands. Darwin pensait que cette théorie pourrait s’appliquer aussi à l'évolution des animaux. La théorie de Lyell comme celle de Darwin reposait sur des périodes de temps tout à fait considérables. Pour Darwin, l’âge de la terre est de trois cents millions d'années.
« Selon lui (Charles Lyell), la géographie actuelle de la Terre, avec ses hautes montagnes et ses vallées profondes, témoignait d'une évolution extrêmement longue et lente. L'idée, c'était que des changements apparemment minimes (liés au temps et au vent, à la fonte des neiges, aux tremblements de terre et à la dérive des continents) pouvaient conduire à de grands bouleversements géographiques, si l'on prenait en considération des espaces de temps suffisamment grands… À l'époque de Darwin, on s'accordait généralement à reconnaître que la création de la Terre par Dieu remontait à environ six mille ans. Ce chiffre était le résultat de l'addition de toutes les générations depuis Adam et Eve. »


4. Darwin a remarqué que les fœtus des animaux se ressemblent tous à un stade précoce même à celui de l’Homme, mais à certains stades de l’évolution du fœtus ils commencent à se différer l’un à l’autre. Ce qui l’a poussé à conclure que tous les animaux sur terre étaient apparentés.
« Cela concernait l'évolution du fœtus chez les mammifères. Si l'on compare le fœtus d'un chien, d'une chauve-souris, d'un lapin et d'un être humain à un stade précoce, il est presque impossible de les distinguer clairement les uns des autres. Il faut attendre un stade beaucoup plus avancé pour que le fœtus d'un être humain ne ressemble plus à celui d'un lapin. Cela ne serait-il pas le signe que nous serions tous lointainement apparentés les uns aux autres? »
a) Darwin a rejeté la théorie de Lamarck sur les «caractères acquis» héréditaires, qui expliquait l’évolution biologique.
« Le zoologue français Lamarck avait démontré que les espèces animales avaient progressivement développé ce dont elles avaient besoin. Les girafes par exemple avaient fini par avoir un long cou car pendant des générations elles avaient tendu le cou pour atteindre les feuilles des arbres. Lamarck pensait aussi que les qualités obtenues avec peine par un individu étaient transmises à la génération suivante »
b) Par contre, Darwin a constaté que les hommes ont toujours pratiqué une sélection artificielle pour améliorer la qualité du bétail et des plantes. En s’inspirant de cette constations, Darwin s’est posé la question suivante : La nature était-elle en mesure de faire une « sélection naturelle » qui au bout d'un terme assez long pouvait créer de nouvelles espèces végétales et animales ?
« Les hommes ont pratiqué l'élevage pendant plus de dix mille ans. Les poules n'ont pas toujours pondu cinq œufs par semaine, les moutons n'ont pas toujours donné autant de laine et les chevaux n'ont pas toujours été aussi forts et rapides. Mais les hommes ont fait une sélection artificielle. Cela vaut aussi pour le monde végétal. Qui mettrait de mauvaises pommes de terre dans son jardin, s'il peut se procurer de meilleurs plants ? Faucher des épis qui ne portent pas de blé n'a aucun intérêt… Pour Darwin, aucune vache, aucun épi de blé, aucun chien et aucun pinson n'est tout à fait identique. La nature offre des variations à l'infini. Même à l'intérieur d'une seule espèce, il n'y a pas deux individus en tout point semblables. »


5. Darwin s’est inspiré du livre du démographe Thomas Malthus pour expliquer l’évolution des espèces s'intitulé « An Essay on The Principles  of Population » où ce dernier a développé une idée de Benjamin Franklin. En se basant sur l’idée de Mathus, Darwin a conclu que la « sélection naturelle » dans la lutte pour la vie explique l’évolution des espèces. Darwin souligne que les espèces les plus proches doivent se battre pour la même nourriture et en même temps veiller à ne pas être mangés par les autres animaux. Par conséquent, plus la lutte pour la vie est dure, plus l'évolution vers de nouvelles espèces sera rapide. Seules les meilleures survivront, les autres espèces disparaîtront peu à peu.
« Benjamin Franklin soutenait l'idée que s'il n'existait pas de facteurs de limitation dans la nature, chacune des espèces végétales ou animales se serait répandue sur toute la Terre. Mais du fait de leur grande diversité, elles se maintiennent en équilibre les unes par rapport aux autres. Malthus développe cette pensée en l'appliquant à la situation démographique de la Terre. Selon lui, les êtres humains ont la capacité de donner la vie à davantage d'enfants qu'il ne peut en survivre. Parce que la production de la nourriture ne pourra jamais suivre le rythme de l'accroissement de la population, il soutenait l'idée qu'un grand nombre est condamné à périr dans la lutte pour la vie. Ceux qui parviendront à grandir et par conséquent engendreront d'autres générations seront ceux qui réussiront le mieux à survivre dans cette lutte pour la vie. »
a) La théorie de Darwin repose sur l'idée que ce sont des variations tout à fait accidentelles qui ont, en dernière instance, permis à l'homme d'apparaître sur la Terre. Mais, il ne montre pas comment ces variations accidentelles ont eu lieu. C’était un point faible de sa théorie.

b) La sélection naturelle permanente fait que ceux qui sont le mieux adaptés à un certain milieu, ou à un certain environnement écologique, assureront la survie de l'espèce dans ce cadre-là.

c) En 1871, Darwin a publié le livre « The Descent of Man and Selection in Relation of Sex » (la Descendance de l'homme et la Sélection sexuelle), qui traite la généalogie de l'homme. Dans ce livre, Darwin montre toutes les grandes ressemblances qui existent entre les hommes et les animaux et en conclut que les hommes et les hommes singes doivent bien descendre d'un ancêtre commun.
« On venait à cette époque de retrouver les premiers crânes d'Un être humain, d'abord dans une carrière des falaises de Gibraltar et quelques années plus tard à Neandertal en Allemagne. »
6. Le néo-darwinisme s'est chargé de répondre comment ces variations ont eu lieu en complétant la théorie de Darwin. Par exemple, Darwin considérait le long cou des girafes comme une variation naturelle des cous des ancêtres. Le néo-darwinisme explique cette variation par ce qu'on appelle les mutations.
« Tout ce qui est vivant, tout ce qui se crée a fondamentalement un rapport avec la division cellulaire. Quand une cellule se divise en deux, cela crée deux cellules avec exactement le même patrimoine génétique. La division cellulaire est en fait un processus de duplication d'une cellule. Mais il arrive que de minuscules erreurs se glissent lors de ce processus, de sorte que le double de la cellule ne ressemble pas cent pour cent à la cellule qui a servi de modèle. La biologie moderne appelle cela une mutation. Certaines mutations peuvent n'avoir pas le moindre intérêt, tandis que d'autres peuvent provoquer de grandes modifications dans les qualités de l'individu. Il peut y en avoir de carrément nuisibles et ces « mutants » doivent régulièrement être supprimés à la prochaine génération… Toutefois, une mutation peut aussi donner à l'individu précisément le petit « plus » dont il a besoin pour mieux lutter pour sa survie. »


N.B : Il est à noter que ce qui est écrit ci-dessus n’est qu’un résumé personnalisé de la partie consacrée à Darwin dans le roman « Le monde de Sophie ». Plusieurs détails scientifiques sont ignorés du fait que c’est un travail de vulgarisation de l’auteur du roman. De plus, les idées de Darwin ont fait l’objet de plusieurs discussions scientifiques, philosophiques et religieuses dans le monde entier. Un tel résumé ne prétend en aucun cas présenter des vérités ou des réalités mais présente les traits généraux de la théorie d’évolution de Charles Darwin d’une manière synthétique et vulgarisée.

Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
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Tuesday, December 26, 2017

غربة الياسمين ـ ملخص


الكاتبة : خولة حمدي
عدد الصفحات :  407
سنة النشر : 2015

 الشخصيات الرئيسية
  • رنيم  شاكر :  فتاة مصرية تمتهن المحاماة.
  • ياسمين :  شابة تونسية اتجهت إلى فرنسا لتحضير دكتوراه في علم الاجتماع.
  • عمر الرشيدي : شاب مغربي يعمل باحثا في مجال الطاقة في إحدى شركات الكيميائيات.
  • سامي كلود  )كمال عبد القادر( : أبو ياسمين، و هو بروفيسور باحث في مجال الطاقة.
  • الخالة زهور : قريبة ياسمين، تسكن هي و عائلتها في باريس.
  • هيثم : ابن الخالة زهور، و هو مهندس يعمل في شركة متخصصة في علوم الحاسوب.
  • ميساء  : أخت هيثم.
  • إيلين : زوجة أب ياسمين.
  • باتريك كلود : زميل ياسمين في العمل و أخ إيلين.

الشخصيات الثانوية
  • فاطمة : أم ياسمين
  • لورا : صديقة هيثم، اعتنقت الإسلام بمساعدته.
  • كريستوف نوارو و صامويل بلير : زملاء عمر في قسم الأبحاث في شركة الكيميائيات.
  • ميشال روسو : صديق رنيم السابق و رئيسها في مكتب المحاماة بمرسيليا.
  • جورج برنار : رئيس رنيم في مكتب المحاماة بباريس.
  • كارولين : زميلة عمر في العمل.
  • دافيد كيلير : رئيس ياسمين في العمل.
  • نادر : لص قبض عليه عمر و حاول مساعدته بعدما عرف ظروفه.
  • دانيال بروكس :  مدير قسم الأبحاث في شركة الكيميائيات.
  • فيفيان : زميلة رنيم.
  • روزلين : امرأة أربعينية تعمل في شركة دافيد و تحاول الانتحار.
  • ريان و سارة : أخوا ياسمين.
  • وليد الراجحي : زميل عمر في العمل.
  • غوستاف بلامر : حارس شركة الكيميائيات.
  • عبد الحميد : زوج الخالة زهور.
  • إيريك جاربيال : قائد الفرقة التي داهمت شقة عمر.

ملخص

تدور أحداث الرواية في ثلاث مدن فرنسية، في البداية تبدأ الأحداث في مرسيليا  و ليون لتنتقل فيما بعد إلى باريس.  و يمكن أن نختزل الأبطال الرئيسيين للرواية في رنيم و ياسمين و عمر، و كلهم عرب و مسلمون اختاروا أن يتجهوا لفرنسا إما للدراسة أو للعمل. في البداية تركز الكاتبة على كل شخصية على حدة لتصف ملامحها و ظروفها و محيطها و خلفيتها الفكرية و الأسباب التي دفعتها للهجرة و تحدياتها في المجتمع الجديد. ثم تتوالى الأحداث حتى تتقاطع سبلهم في وسط الرواية و تتشابك مصائرهم.

و من خلال هذه الرواية الرومانسية و البوليسية البسيطة تحاول الكاتبة بالأساس تسليط الضوء على واقع العرب و المسلمين في بلاد الغرب، و كيفية تفاعلهم مع الظروف و التحديات التي يواجهونها، فمنهم من يستسلم للاندماج المطلق و يذوب في قيم و مبادئ المجتمع المضيف حتى يستطيع العيش بسلام، و منهم من يعض بالنواجذ على قيمه و يصبر على رفض المجتمع له كما هو، و آخرون يمسكون العصا من المنتصف فلا هم يستطيعون التخلي تماما عن هويتهم العربية المسلمة و لا هم يستطيعون تطبيق دينهم في خضم المغريات التي يجدونها في البلاد الغربية، أما فئة أخرى فتتجه للعنف و الجريمة لأن المجتمع لا يعترف بوجودها أصلا و يصر على تجاهلها و تهميشها.

و تتطرق الكاتبة أيضا إلى قضية الإرهاب، التي أصبحت تهمة يسهل إلصاقها بأي مسلم يحترم دينه و يطبقه في مجتمع يؤمن بالانفتاح و الحرية المطلقة، و لم تنس أن تخصص مساحة ولو صغيرة لحديثي الإسلام الذين ما زالوا يكتشفون تعاليم الدين، و ذلك من خلال شخصية لورا (مع أنه مثال لا يعبر عن كل من يعتنق الإسلام حديثا).

تقييم
ككل نتاج أدبي أو فكري، لهذه الرواية جوانب إيجابية و أخرى سلبية، سأفصلها في ما يلي.

الجوانب الإيجابية

1. في كل هذا الزخم من القصص و الروايات البذيئة و الأدب الهابط الذي يعتمد على صدم القارئ بأفكار جديدة لا عهد لنا بها أو يخاطب غريزته أو يدعي تقديم رسالة ذات قيمة في حين يمرر بين السطور أفكارا ملغومة تخرب النفس و المجتمع أو يركب موجة الموضة في سبيل الشهرة و الربح السريع، أحترم إصرار بعض الكتاب على تقديم فن و أدب هادف يعبر عن هويتنا المسلمة و أخلاقنا و أصالتنا، و خولة حمدي مثال للشباب الذي يود التعبير عن فئة من المجتمع قلما تجد من يكترث لها و يعبر عن مشاكلها في هذا العصر.

2. لم أكن أعرف خولة حمدي حتى اقترحت علي صديقة لي قراءة كتابها هذا، و عندما بحثت عن سيرتها الذاتية فرحت نوعا ما و أحسست بالفخر أيضا، فأنا و هي نشترك في نفس مجال الدراسة و لنا نفس الشواهد تقريبا مع فارق في المدارس التي درسنا بها، و هي تقريبا في نفس سني، و أعجبني كيف اتجهت إلى الكتابة الأدبية مع أن دراستها علمية، و كيف أنها نشرت حتى الآن أربع روايات و كيف أنها أصرت أن تكتب باللغة العربية مع أن دراستها كانت فرنسية. ربما سيقول البعض أني أبالغ لأن كتابا كثيرين بدأوا منذ سن مبكرة و منهم من كانت دراسته علمية أيضا، و لكن إحساسي تجاهها لا يلغي الآخرين، و لكنه فقط أخذ طابعا شخصيا لأوجه الشبه في سيرتنا الذاتية.

3. أعجبتني لمسة الواقعية في بعض أحداث القصة، خاصة في علاقة ياسمين و عمر و علاقة ياسمين و هيثم بعدها، و اللتان لم تنتهيا نهاية تقليدية كباقي القصص الرومانسية و إنما اختارت الكاتبة أن تؤكد أن الإعجاب و التشابه في الأذواق و الأفكار ليست بالضرورة من أسباب الزواج الناجح،  بل إن الظروف الاجتماعية و الثقافية و العائلية قد تلعب دورا أكبر بكثير في أن يكون الزواج ناجحا و أيضا بعض الاختلاف في الطباع و الأفكار قد يكون مستحبا لأنه يحقق تكاملا و ثراء في الأسرة و قد يخلق جوا صحيا للأبناء و يؤثر عليهم بشكل إيجابي.
من التفاصيل الواقعية في الرواية أيضا استسلام ياسمين للأمر الواقع و قبولها بواسطة أبيها مع رفضها القاطع في البداية، فلم تجعل الكاتبة البطلة إنسانة خارقة قادرة على قلب الموازين و صنع المعجزات، و إنما شخصا عاديا قد يضعف و يغير مبادئه أحيانا إذا استحال عليه غير ذلك. و ليس في ذلك تشجيع على التخلي عن المبادئ و القيم، و إنما فقط تعبير عن واقع موجود فعلا.

الجوانب السلبية

1. كمية التقاطعات بين الشخصيات مبالغ فيه برأيي، حيث يهيأ للقارئ أن فرنسا لا تضم إلى العائلات الثلاث التي تدور حولها أحداث القصة، فعمر و أبو ياسمين يعملان في نفس مجال البحث، و ياسمين تؤجر البيت من رنيم التي هي بدورها تدافع عن عمر، و باتريك زميل ياسمين في الشركة ليس إلا أخو زوجة أبيها، و نادر يحبس في نفس زنزانة عمر !

2. لاحظت أحيانا أن بعض الشخصيات فيها بعض التناقضات، فعمر مثلا شخص مثقف و تفكيره علمي، و لكن تصل به السذاجة إلى أن يصطحب إلى بيته شخصا يجهل هويته، فهذا في نظري تصرف غير مسؤول. أما ياسمين فهي تعبر أحيانا عن القيم الغربية التي اندست إلى البلاد العربية و منها بلدها تونس، و لكنها ما زالت تندهش عندما ترى زوجة أبيها الفرنسية تدخن و تستغرب من تصرفات أخويها الفرنسيين التي لا تمت للإسلام بصلة.

3. تتضمن القصة بعد نقاط الضعف خاصة فيما يتعلق بردود أفعال بعض الشخصيات ( كنادر الذي أخذ الحقيبة من بيت عمر بدون سبب وجيه ) ، أو بتغير طارئ على سلوك شخصيات أخرى ( كباتريك الذي بدأ يكن احتراما أكبر لياسمين و هيثم و ألغى كل الأفكار المسبقة بعد أزمة واحدة ساعدوه فيها ). أعتقد أن النفس البشرية أعقد من ذلك بكثير، و بعض الناس تبقى على مواقفها حتى لو كانت متأكدة من العكس لأن كبرياءها لا يسمح لها بالتنازل.

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و أخيرا، فبالرغم من بساطة القصة و بعض نقاط الضعف فيها، فإن تقييمي للرواية هو 4/5 لأن الكاتبة حاولت تقديم أدب نظيف و رومانسية واقعية كما حاولت معالجة قضايا تهم الشباب المسلم في عصرنا الحالي.

آمال