Monday, February 11, 2019

Les dieux voyagent toujours incognito – Analyse


 


Auteur : Laurent Gounelle

Année de publication : 2010

Nombre de pages : 475 pages

Narrateur : Le protagoniste


Personnages principaux
- Alan Greenmor : Le protagoniste, américain d’origine française, travaillant dans un cabinet de recrutement à Paris. 
- Yves Dubreuil : Une personne riche et mystérieuse qui propose d’aider Alan à surmonter sa dépression. 
- Audrey : La copine d’Alan.

- Luc Fausteri et Grégoire Larcher : Les chefs d’Alan au cabinet de recrutement. 
- Alice : La collègue d’Alan au cabinet de recrutement. 
- Marc Dunker : Le directeur du cabinet de recrutement. 
- Catherine : L’assistante de Dubreuil. 
- Vladi : Le chauffeur et garde-corps de Dubreuil 
- Mme Blanchard : La propriétaire de l’immeuble où vit Alan 
- Fisherman : Un journaliste économique. 
- La mère et le père adoptif d’Alan.

Aperçu

Après la mort de sa mère, Alan vivant aux états unis décide de revenir à Paris, sa ville natale, et trouve difficilement un travail dans un cabinet de recrutement. A un moment donné, il pense qu’il a réussi à trouver son bonheur, surtout après avoir rencontré Audrey, mais tout son monde s’effondre quand celle-ci disparait soudain sans le moindre avertissement. Dévasté, il décide de se suicider en sautant du haut de la tour Eiffel. Mais heureusement pour lui, une personne mystérieuse surgit de n’importe où et lui propose un deal : renoncer à la décision de suicide et en contrepartie, l’autre s’engage à changer sa vie vers le mieux à condition qu’il applique à la lettre tout ce qu’il lui ordonne. Le roman raconte la relation entre Alan et cette personne inconnue et décrit comment celle-ci va influencer la vie d’Alan à travers une aventure qui mélange suspense, action et développement personnel.


Les points positifs

1. Les discussions entre Alan et Dubreuil sont très riches sur le plan psychologie et développement personnel et traitent plusieurs sujets intéressants, tels : la liberté, la confiance en soi, la communication, le discours en public, etc…
« D’après ce que j’ai mis en évidence hier, tu aimes bien passer pour celui qui fait des efforts pour les autres, et tu espères que tu seras apprécié en retour pour tes « sacrifices ». Et puis, tu aimes aussi un peu te faire plaindre et attirer ainsi la sympathie des gens. Entre nous, c’est bidon : toutes les études montrent qu’on se sent tous plus attirés par ceux qui assument leurs choix et vivent ce qu’ils ont choisi de vivre. Finalement, tes jérémiades n’émeuvent que toi... » 

« Je réalisai pleinement le sens de ce que je venais d’expérimenter : l’attitude des autres à mon égard était conditionnée par mon propre comportement... C’était moi qui induisais leurs réactions. » 

« Ce que je veux, c’est que tu deviennes imparfait pendant quelque temps, jusqu’à ce que tu réalises que tu es toujours vivant, que cela ne change rien pour toi, et que tes relations avec les autres ne se sont pas détériorées. » 

« J’ai besoin d’avoir un travail qui apporte quelque chose aux autres, même s’il ne change pas la face de l’univers. Je veux me coucher le soir en me disant que ma journée a été utile, que j’ai apporté ma pierre à l’édifice. » 

« C’est la caverne de Platon ! Platon décrivait des gens nés dans une sorte de grotte très sombre dont ils n’étaient jamais sortis. Cette caverne était leur univers et, bien que glauque, elle leur était familière et donc rassurante. Ils refusaient obstinément de mettre le pied dehors car, ne connaissant pas l’extérieur, ils se l’imaginaient hostile, dangereux.Il leur était dès lors impossible de découvrir que cet espace inconnu était en fait empli de soleil, de beauté, de liberté... Beaucoup de gens vivent aujourd’hui dans la caverne de Platon sans s’en rendre compte. Ils ont une peur bleue de l’inconnu et refusent tout changement qui les touche personnellement. Ils ont des idées, des projets, des rêves, mais ne les accomplissent jamais, paralysés par mille peurs injustifiées, les pieds et les poings liés par des menottes dont ils sont pourtant les seuls à avoir la clé. Elle pend autour de leur cou, mais ils ne la saisiront jamais. » 

« Si tu veux rester jeune toute ta vie, continue d’évoluer, d’apprendre, de découvrir, et ne t’enferme pas dans des habitudes qui sclérosent l’esprit, ni dans le confort engourdissant de ce que tu sais déjà faire. »

2. L’auteur décrit d’une façon claire le métier de recrutement (Les objectifs, les principes, les bases), l’ambiance qui règne dans les cabinets de recrutement et ce qui se passe derrière les coulisses (Les problèmes, les conflits, les violations de loi).

3. Le livre contient des informations très utiles en matière de bourse, finance et création d’entreprises, et met l’accent sur plusieurs problématiques à savoir : Comment établir un équilibre entre l’intérêt des actionnaires et celui des clients ? Comment assurer un bon gain financier tout en maintenant l’éthique ?

4. L’auteur a réussi à dresser la psychologie d’Alan dans toutes les phases du roman depuis son enfance où il était contraint à satisfaire les attentes de sa mère, passant par ses sentiments contradictoires et compliquées envers sa carrière et son travail, son pic de bonheur après avoir rencontré Audrey, sa dépression et sa décision de mettre fin à ses jours et puis le changement dans son comportement et son psychique à l’aide de Dubreuil.


Les points négatifs

1. L’auteur reste fidèle à son style direct basé sur le dialogue, les discussions et les missions. J’avais l’impression que je relis « L’homme qui voulait être heureux ». Dans un roman, je préfère que les messages soient transmises entre les lignes et que l’auteur respecte l’intelligence des lecteurs et les laissent comprendre la morale eux-mêmes à travers l’histoire.

2. Le langage utilisé par l’auteur est très basique et pas très réel
- Il contient des questions courtes avec des réponses prévisibles. 
- C’est rare qu’un personnage interrompe l’autre, ce qui n’est pas le cas dans la vie réelle. 
- La discussion va dans un seul sens, comme s’il s’agit d’une leçon plutôt que d’une discussion.

3. Il y a plusieurs problèmes dans les événements :
- Des événements inutiles qui n’ajoutent rien à l’histoire et qui n’ont pas de continuité (Demander à Alan de tuer quelqu’un : un événement trompeur qui m’a rappelé un peu le film « Wanted » et qui n’a pas de lien avec le reste de l’histoire). 
- Des événements très banales utilisés par l’auteur pour créer du suspense gratuit (Demander à Alan de fumer à chaque fois Dubreuil le demande : La morale derrière est très évidente, et pourtant cet événement occupe une bonne place de l’histoire). 
- Les réactions et les décisions d’Alan ne sont pas assez justifiées (Pourquoi Alan accepte l’aide d’une personne inconnue ? Pourquoi ne pas demander l’aide de la police dès la première mission et ne pas attendre que les choses se compliquent ? Pourquoi sa copine le laisse tomber facilement sans une vraie résistance ? ). 
- Toutes les missions proposées par Dubreuil sont à mon avis exagérées et parfois sans bonne raison (se tenir nu devant sa propriétaire). Je comprends que le but de l’auteur est de pousser le protagoniste à l’extrême pour traiter son manque de confiance, mais est ce que le fait d’être méchant, ridicule et sadique envers les autres est la bonne méthode pour ça ?

Evaluation

En résumé, on ne peut pas nier que le roman à travers la relation entre Alan et Dubreuil discute plein de sujets intéressants, surtout sur le plan psychologique. Mais à mon avis, le vrai problème du livre est qu’on ne peut pas le catégoriser. Est-ce qu’il s’agit d’un livre de développement humain ou bien d’un roman d’action ou d’un thriller ? On ne peut pas trancher. On a l’impression que l’auteur n’avait pas un objectif clair dès le début et qu’à chaque phase du roman il change de peau. Au début, avec l’apparition de Dubreuil et la première mission donnée à Alan, on croit qu’il s’agit d’un roman de suspense. Mais juste après, on comprend qu’il s’agit plutôt d’un roman psychologique qui transmet des messages à travers les discussions entre Dubreuil et Alan et les missions assignées à celui-ci. Ensuite, le roman se transforme en un roman d’action avec un rythme très rapide, et vers la fin, on trouve un passage à l’américaine où toute une audience est émue par le discours du protagoniste même s’il n’y connait rien en bourse ou en finance. Et laissons de côté la fin Indienne du roman qui était prévisible dès le départ.

Ainsi, si on prend chaque partie du roman à part, on peut dire que l’auteur a réussi à montrer sa maitrise pour chacune des catégories, mais si on prend la globalité du roman, on trouve qu’il n’est pas très homogène et n’a pas un seul fil conducteur des événements. Pour tout ceci, la note que je lui donne est 3/5.

Amal

Thursday, January 17, 2019

La liste de mes envies - Analyse




Auteur : Grégoire Delacourt

Nombre de pages : 185 pages

Année de publication : 2012

Narrateur : La protagoniste


Personnages principaux
- Jocelyne : Une femme quadragénaire gérant une mercerie. 
- Jocelyn Guerbette : Le mari de Jocelyne. 
- Nadine et Romain : La fille et le fils de Jocelyne. 
- Nadège : Une autre fille de Jocelyne née morte. 
- Françoise et Danièle : Les amies de Jocelyne. 
- Père et mère de Jocelyne.


Aperçu

Jocelyne est une femme dans la quarantaine, d’une beauté modeste, d’une taille standard. Quand elle était jeune, elle rêvait d’être styliste, d’écrire des livres, de se marier à un homme élégant, beau, intelligent, bref au prince charmant. A 47 ans, elle se trouve mariée à Jocelyn, un monsieur tout-le-monde qui travaille dans une usine et rêve de choses simples. Elle est une mère de deux, Romain qui vit à Grenoble et Nadine qui vit en Angleterre et qui suit chacun ses ambitions, ils ne l’appellent que rarement et ne lui rendent visite qu’à Noël. Quant à sa carrière, elle gère une mercerie qu’elle a reprise après la mort de sa partenaire depuis plus de vingt ans. Et pour satisfaire son besoin d’écriture, elle a créé un blog dédié au tricot, à la broderie et à la couture.

Jocelyne vivait une vie simple, elle aime son mari malgré les crises qu’ils ont vécues et la cruauté avec laquelle il l’a traité après la mort de leur troisième enfant. Elle aime ses enfants et elle est fière d’eux malgré leur comportement si froid et indifférent. Elle est satisfaite par les échos positifs que génère son blog et contente du nombre des femmes qui s’intéressent à ce qu’elle écrit.

Un jour, ses seules amies Françoise et Danièle lui proposent de jouer au loto et comme par hasard, son numéro se trouve le gagnant. L’auteur décrit donc comment cet évènement va chambouler la vie de Jocelyne, ses sentiments, ses relations et surtout ses rêves et envies et comment ceci va lui permettre de découvrir le fond des personnes qui l’entourent et de les connaître réellement.


Commentaire

« La liste de mes envies » n’était pas initialement dans ma pile de lecture de cette année, mais je l’ai ajouté car j’avais fixé comme objectif de découvrir ce qui a été écrit récemment par des auteurs francophones surtout ceux pour qui je n’ai rien lu jusqu’à présent. Pourquoi je l’ai choisi parmi d’autres ? Je ne sais pas. Peut-être parce que son titre m’a interpellé, ou parce qu’il est court et je passais par une période où j’avais besoin de faire une lecture rapide, ou parce qu’il était recommandé par plusieurs sites et blogs de lecture, ou bien pour toutes ces raisons. Ce qui importe est que je n’ai pas regretté mon choix.

Plein de choses ont fait la force de ce livre :
- Sa simplicité : vu qu’il raconte une histoire très simple, avec très peu de personnages et d’événements. On peut même aller jusqu’à dire qu’il tourne autour d’un seul personnage (Jocelyne) et un seul événement (Gagner le loto) qui va chambouler sa vie.
- Sa sincérité : En effet, le peu d’évènements qu’il contient cède la place à une description détaillé des personnages, leurs sentiments, leurs caractères et leurs pensées. Ce qui permet aux lecteurs de s’identifier facilement avec eux et de se projeter dans leurs histoires.
- Son réalisme : car il n’essaie pas de donner une fausse importance à des faits simples. Au contraire, on sent que les personnages du livre peuvent représenter des gens qu’on rencontre tous les jours. Par exemple, Jocelyne est le profil idéal d’une femme réelle qui n’est pas satisfaite par ce qu’elle a atteint dans la vie : un mari qu’il a accepté par hasard sans apprécier vraiment son caractère, ni ses habitudes ni son physique, des fils indifférents pour lesquels elle a donné tant de sacrifices et finissent par vivre chacun pour son intérêt, ainsi qu’un travail qui s’est imposé par le cours des choses. Bref, Jocelyne reflète la vie d’une grande partie des femmes qui choisissent ou sont obligées de se focaliser sur leurs familles au détriment de leurs désirs, leurs ambitions et leurs rêves. Elle vit ainsi une vie sans goût, sans aventures et vide de suspense. Elle ne se considère par triste mais elle n’est pas heureuse non plus. 
- Sa profondeur : A travers une histoire si courte, l’auteur réussit à rentrer dans la psychologie de Jocelyne avant et après avoir gagné le loto et à décrire le changement dans ses sentiments, ses pensées, et surtout ses envies. L’auteur décrit également comment un tel événement lui a permis de bien connaitre les gens qui l’entourent et de distinguer ceux qui l’aiment vraiment. Les passages où Jocelyne parle de sa mère décédée et de son père qui souffre de l’Alzheimer étaient aussi des moments du pur plaisir qui m’ont beaucoup émue.

Pour toutes ces raisons, la note que je donne au roman est 4/5.


Amal


Thursday, April 26, 2018

أولاد حارتنا ـ تحليل


الكاتب : نجيب محفوظ
عدد الصفحات :  556
سنة النشر : 1959

الزمان : يمتد من تولية أدهم على الوقف إلى موت عرفة، و يرمز به الكاتب إلى التاريخ البشري منذ خلق آدم إلى يومنا الحالي.
المكان متركز بين بيت الجبلاوي الكبير و بين الحارة، و يرمز بهما الكاتب إلى الجنة و الحياة الدنيا.

الشخصيات الرئيسية
  • الجبلاوي : و يرمز به الكاتب إلى الله
  • أدهم : ابن الجبلاوي الأصغر و يرمز به الكاتب إلى آدم عليه السلام
  • أميمة : زوجة أدهم، و يرمز بها إلى حواء
  • إدريس : ابن الجبلاوي الأكبر، و يرمز إلى إبليس
  • قدري و همام : ابنا أدهم، و يرمزان إلى قابيل و هابيل
  • جبل : رجل من آل حمدان جاء يخلص أهله من بطش الناظر و الفتوات، و يرمز إلى موسى عليه السلام
  • رفاعة : شاب من آل جبل كانت رسالته تخليص الناس من العفاريت و الشياطين التي تسكنهم، و يرمز إلى عيسى عليه السلام
  • قاسم : رجل من حارة الجرابيع جاء يشيع العدل بين أهل الحارة جميعا، و يرمز به إلى محمد عليه الصلاة و السلام
  • عرفة : رجل لا يعرف أصله آمن أن سحره وحده كاف للقضاء على الفتوات.
  • الناظر : المكلف بوقف الحارة، و هو منصب توالى عليه العديد من الشخصيات في الرواية، و يرمز به الكاتب إلى الحكام الذين يستولون على أملاك الشعب و يحكمون بالظلم.
  • الفتوات : هم أعوان الناظر، اختلفت شخصياتهم على طول القصة و لكن هدفهم واحد : حماية الناظر و قمع الحارة نظير نسبة من الوقف، و يرمزون إلى أعوان الحكام على مر الزمان.

الشخصيات الثانوية

الرواية مليئة بالشخصيات الثانوية، و لكن أغلبها لها دور في الرواية بشكل ما. فيما يلي ذكر لبعض أهم هذه الشخصيات:
  • هند : ابنة إدريس، و ترمز إلى ذرية إبليس
  • هدى هانم : زوجة الناظر الذي عاصر جبل، و ترمز إلى آسيا زوجة فرعون
  • عبدة و عم شافعي : والدي رفاعة.
  • ياسمينة : زوجة رفاعة التي خانته و وشت به لفتوة الحارة، و ترمز إلى الخائن من حواريي عيسى عليه السلام
  • كريم، حسين، علي و زكي : أتباع رفاعة، و يرمز بهم إلى حواريي عيسى عليه السلام
  • قمر و سكينة : زوجتا قاسم، و يرمزان إلى خديجة و عائشة رضي الله عنهما
  • صادق : صديق قاسم المقرب، و يرمز به إلى أبي بكر الصديق
  • حسن : ابن عم قاسم، و يرمز به إلى علي بن أبي طالب
  • إحسان : ابنة قاسم، و ترمز إلى فاطمة رضي الله عنها.
  • عم زكريا : عم قاسم، و يرمز إلى أبي طالب
  • حنش : خادم عرفة، و يرمز إلى المشتغلين بالعلم.

ملخص

رواية "أولاد حارتنا" هي رواية عن الإنسان، تلخص مسيرة البشرية منذ خلق آدم إلى الآن، و ذلك عبر سرد محطات مهمة مر بها الإنسان و هي نزول الرسالات السماوية و بعثة الرسل. و الكاتب هنا بدأ روايته بقصة أدهم (آدم) و أخيه إدريس (إبليس) و كيف خرج أدهم من البيت الكبير (الجنة) إلى الحارة (الدنيا) بعد عصيانه لوالده الجبلاوي (و يرمز به إلى الذات الإلهية)، ثم انتقل إلى قصة ولدي أدهم و هما همام و قدري (هابيل و قابيل). و خصص بقية الرواية ليصف أحوال الحارة بعد مقتل همام (الفرع الخير من ذرية أدهم) و ركز على ثلاث فترات رئيسية قامت فيها ثورات ضد الظلم على يد جبل (موسى عليه السلام)، ثم رفاعة (عيسى عليه السلام) ثم قاسم (محمد صلى عليه و وسلم). و ختم محفوظ الرواية بقصة عرفة الذي اعتقد أن سحره وحده كاف ليقضي على الظلم في الحارة و أنه لا يحتاج إلى الجبلاوي، بل و أقدم على سرقة الكتاب الذي يضم شروط الوقف العشرة (الذي حاول أدهم أن يأخذه من قبل) و الذي اعتقد أنه يحتوي على سر السحر الأكبر، إلا أنه بفعلته هذه تسبب في قتل الجبلاوي بالخطأ و في صنع طاغية جديد جعل الحارة تغرق في فترة من الظلم و القهر لم تشهد لهما مثيلا.

الجوانب الإيجابية

1. حاول الكاتب في كتابه إسقاط قصص من أزمنة متفاوتة على المجتمع المصري، و اضطر لذلك إلى تغيير بعض التفاصيل في هذه القصص لتناسب الواقع المصري و تقاليده، و أعتقد أنه قد نجح في ذلك إلى حد بعيد، و أضفى نوعا من التشويق إلى الرواية، لأنني بالرغم من علمي بهذه القصص مسبقا و لكنني كنت متشوقة لأكتشف كيف تطرق الكاتب إلى القصة بطريقته و كيف فهمها من وجهة نظره  و عبر عنها عن طريق أحداث و تفاصيل مختلفة، و كذلك كيف عالج الشخصيات و نفسياتها و أحاسيسها.

2. تطرق الكاتب في الرواية إلى فكرة محورية مفادها أن الرسالات السماوية مصدرها واحد و ظروف نشأتها متشابهة إلى حد  كبير بالرغم من اختلاف الشخوص و الأزمان و الأمكنة، و الأهم من ذلك هي أن هدفها واحد هو تطبيق العدالة و الدفاع عن الحق و الحفاظ على كرامة الإنسان و إعادة المرء إلى فطرته السليمة. أما ما طرأ على إرث هاته الرسالات بعد وفاة الرسل من تغيير و تدليس فهو من فعل البشر الذين يستغلون الدين لتحقيق أطماعهم و مصالحهم الدنيوية.

3. تعبر الرواية بشكل واضح عن فكرة "التاريخ يعيد نفسه"، فالإنسان هو نفسه لا يتغير بالرغم من تغير الزمان و المكان و الوسائل و الظروف، تحركه الأطماع المادية و المصالح الشخصية و حب التملك و السلطة. و لذلك فالصراع بين الخير و الشر كان و سيستمر إلى أن تفنى الأرض و ما عليها، حيث يتكرر نفس السيناريو و لكن مع اختلاف بسيط في التفاصيل.

4. يعيب البعض على الكاتب أنه قتل الجبلاوي في نهاية القصة، مع العلم أنه يرمز به إلى الذات الإلهية. و لكنني أعتقد أنه يقصد بذلك أن عرفة الذي اعتقد أن العلم كاف لتغيير العالم و إشاعة العدل قتل فكرة الدين ولو بدون قصد لمجرد أنه تطاول عليه و اعتقد أنه يستطيع تجاوزه و العيش من دونه. و لكن نهايته تثبت أن العلم وحده غير كاف للتغيير و أن الدين حافز أساسي يجعل الإنسان يتطلع دائما إلى الإصلاح، و هو رادع في الوقت نفسه يحول دون أن تسوء الأمور أكثر مما هي عليه، فبموت الجبلاوي و امتلاك عرفة سلاح العلم، احتكر الناظر السلطة و أصبح الحاكم الناهي و لم يعد يوجد من يردعه هو شخصيا، و الأسوأ هو أن الناس أحسوا بالإحباط و العجز لأنه لم تعد توجد قيمة عليا تدعوهم للتفاؤل.

الجوانب السلبية

1. عندما يقرر كاتب أن يكتب رواية رموزها الدين و الرسل و الذات الإلهية فإنه بذلك يكون قد اقتحم حقل ألغام حيث الشعرة بين الإبداع و الوقاحة قد تصبح رقيقة جدا لدرجة اللامرئية. فعلى الأقل في بداية الرواية، يظهر جليا أن الكاتب يرمز بالجبلاوي إلى الله، إلا أن الصفات التي أضفاها على هذه الشخصية لا تتناسب مع من ترمز إليه، حيث صورها بالشخصية القاسية المتسلطة و جعل تصرفاتها تتنافى مع العقل و الحكمة، بل و جعل معظمها ردود أفعال غير محسوبة العواقب، و الأكثر من ذلك أنه جعل منه شخصا أنانيا ينعزل في بيته متمتعا في النعيم و يرسل أبناءه و حفدته ليذوقوا ظلم الحارة و فتواتها. و كذلك فيما يخص الرسل، كان على الكاتب أن يكون حذرا للغاية كي لا يتجاوز خط الاحترام، و لكنه في نظري لم يفلح في ذلك و تجاوز قليلا هذا الخط، فبمحاولته التركيز على إنسانية هذه الشخصيات اضطر إلى الخوض في عواطفها و أحاسيسها و أفكارها، و هذا خطير جدا خصوصا عندما يتعلق الأمر برسل.

2. لا أدري ما هي المصادر التي اعتمدها الكاتب كمرجع لقصص الأنبياء التي تناولها، و لكن هذه الروايات تتضمن أحداثا كثيرة مغلوطة :
  • عمد الجبلاوي إلى طرد أدهم بعدما أقدم على سرقة كتاب الشروط العشرة للوقف من بيته، و هذا خطأ كبير، فآدم لم يطرد من الجنة إلى الأرض بسبب أكله من الشجرة، بل إن الهدف من خلقه منذ البداية كان إرساله خليفة في الأرض كما أشار إلى ذلك القرآن في سورة البقرة.
  • عندما طرد الجبلاوي أدهم كان غاضبا منه و لم يعف عنه إلا بعد عشرين سنة، و هذا خطأ أيضا. فالله سبحانه و تعالى عفا عن آدم قبل هبوطه إلى الأرض، كما هو مذكور في سورة البقرة.
  • زوجة أدهم هي التي دفعته إلى سرقة أبيه و وسوست له حتى قبل بذلك مع أنه كان رافضا في البداية، و في هذا تكريس للفكرة الإسرائيلية التي تجعل حواء المسؤولة عن أكل التفاحة. أما في القرآن، فالقصة مختلفة تماما، فالشيطان وسوس لآدم و حواء معا و أكلا من الشجرة معا، و الله تعالى جعل آدم هو المسؤول و خاطبه هو و عفا عنه هو و ليس عن حواء.
  • صور الكاتب قاسم على أنه محب للنساء، و لذلك تزوج من نساء كثر. و مع أنه لم يحاول انتقاد هذه الصفة أو مدحها، إلا أن هذه الفكرة من أساسها غير صحيحة، فالرسول صلى الله عليه و سلم تزوج كرجل عادي من امرأة واحدة، و لكنه تزوج عندما بعث رسولا من نساء كثر لأسباب تقتضيها الرسالة، فهو القدوة الأسمى للمسلمين، و لذلك فزواجه من نساء في ظروف مختلفة تعطي مثالا في كيفية التعامل مع كل النساء، حيث تزوج من البكر و الأرملة و المطلقة، و من تصغره سنا و تكبره سنا هذا عدا عن الزيجات التي جاءت لتحقيق مقصد شرعي أو لنصرة المسلمين.
  • صور الكاتب زوجة الناظر في عهد جبل و كأنها تابعة لزوجها و قوانينه بالرغم من تعاطفها مع جبل. و لكن هذا يتنافى مع ما قاله القرآن عن آسيا، التي آمنت بالله و ما جاء به موسى و تمردت على فرعون.
  • حاول الكاتب أن يجعل من رفاعة شخصا حليما رقيقا متسامحا، و لكنه بالغ في ذلك كثيرا حتى جعله يبدو بدلا من ذلك ساذجا و لا حيلة له و محط سخرية الناس. و هذا يتناقض مع شخصية عيسى عليه السلام. و إنما هي الرواية الإسرائيلية تطغى على نظرته للأمور. 
  • اختار الكاتب أن يجعل الموت نهاية لقصة رفاعة، و مع أنه جعل مكان دفنه مجهولا ليقترب بعض الشيء من القصة الحقيقية، و لكنه كان بإمكانه أن يجعل مصيره كله مجهولا، كأن يدفن ثم تختفي جثته قبل أن يتحقق أي شخص من وفاته. و لكنه باختياره هذا تنافى مع ما جاء في القرآن أن عيسى لم يصلب و لم يقتل و إنما شبه لأعدائه.
3. في جميع أطوار الرواية، ركز الكاتب على عادة معينة تمارسها غالبية الشخصيات، ألا و هي تعاطي الشيشة و الجوزة و الحشيش و الخمر (أو البوظة كما يشير إليها الكاتب) و خاصة في الحفلات و المناسبات. و أعتقد أن الكاتب يرمز بها إلى الوسائل التي يعتمدها الذين في السلطة لتغييب عقول الشعوب و غسل أدمغتهم و إلهائهم عن الدفاع عن حقوقهم. و لكن ما صدمني هو أن الكاتب لم يستثن من هذه العادة حتى بعض الشخصيات التي ترمز إلى الأنبياء، و هذا فيه إساءة أدب مع من اختارهم الله لحمل رسالته فجعلهم معصومين من الخطأ و هيأهم لذلك منذ ولادتهم.

تقييم

إنها لشجاعة من الكاتب أن ينقل قصصا من أزمنة و أماكن مختلفة و يسقطها على الحارة المصرية، و ما يترتب عن ذلك من تغيير في الأحداث و الشخصيات لتتناسب مع البيئة التي اختارها. و قد نجح الكاتب في ذلك إلى حد كبير. كما أعجبتني أيضا الفكرة الرئيسية التي تدور حولها الرواية، و هي أن الرسالات السماوية جاءت بالأساس لقهر الظلم و تطبيق العدالة و إعلاء راية الحق، و أن العلم وحده غير كاف لتحقيق هذه الأهداف، بل لابد من الدين الذي بإمكانه إعلاء همة الناس و تفجير طاقاتهم الكامنة.
إلا أن نجيب محفوظ باعتباره كاتبا عالميا و أدبه موجه ليس للعرب و المسلمين فقط، و إنما لشريحة كبيرة من الناس من مختلف الثقافات و الأديان، فإن كل كلمة يقولها محسوبة عليه، لأنها تساهم في إعطاء فكرة عنا و عن تاريخنا و ديننا للآخر،  و أي خطأ و لو كان غير مقصود قد يكرس انطباعات خاطئة عن ثقافتنا و أفكارنا. و كما ذكرت سلفا، لقد أورد الكاتب في الرواية أحداثا تاريخية لم تقع و تفاصيل مغلوطة و تأويلات شخصية لا تمت للحقيقة بصلة. عدا عن ذلك فإن معالجته لشخصية الجبلاوي لم تكن للأسف موفقة خصوصا و أنه يرمز به إلى الذات الإلهية، لذلك كان يجب أن يكون أكثر حذرا. و هذه العوامل في نظري تقلل من جودة الرواية و تؤثر على الرسالة الكامنة وراءها.
لذلك فتقييمي للقصة هو 4/5.

آمال

Thursday, March 22, 2018

Le Prince – Extraits


« Le prince » est un traité politique écrit par le philosophe florentin Nicolas Machiavel au début du XVIème siècle. Depuis sa publication jusqu’à nos jours, il a suscité plusieurs débats et discussions et a été accusé d’immoralisme, d’où le terme « Machiavélisme ». Dans ce livre, Machiavel analyse des expériences historiques et contemporaines pour en tirer des leçons bénéfiques pour les nouveaux princes. Il y décrit ainsi les qualités qu’un prince doit posséder pour mener à bien sa tâche et propose les politiques qu’il doit adopter avec son peuple et avec les forces extérieures pour atteindre son but ultime ; conserver sa vie et son Etat. Ci-après quelques extraits du livre.


Le changement : Prix à payer !
Il y a une première source de changement dans une difficulté naturelle inhérente à toutes les principautés nouvelles : c'est que les hommes aiment à changer de maître dans l'espoir d'améliorer leur sort ; que cette espérance leur met les armes à la main contre le gouvernement actuel ; mais qu'ensuite l'expérience leur fait voir qu'ils se sont trompés et qu'ils n'ont fait qu'empirer leur situation : conséquence inévitable d'une autre nécessité naturelle où se trouve ordinairement le nouveau prince d'accabler ses sujets, et par l'entretien de ses armées, et par une infinité d'autres charges qu'entraînent à leur suite les nouvelles conquêtes.

Les qualités d’un "bon" prince
Le prince élevé par les grands a plus de peine à se maintenir que celui qui a dû son élévation au peuple.
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La guerre, les institutions et les règles qui la concernent sont le seul objet auquel un prince doive donner ses pensées et son application, et dont il lui convienne de faire son métier : c'est là la vraie profession de quiconque gouverne ; et par elle, non seulement ceux qui sont nés princes peuvent se maintenir, mais encore ceux qui sont nés simples particuliers peuvent souvent devenir princes. C'est pour avoir négligé les armes, et leur avoir préféré les douceurs de la mollesse, qu'on a vu des souverains perdre leurs États. Mépriser l'art de la guerre, c'est faire le premier pas vers sa ruine ; le posséder parfaitement, c'est le moyen de s'élever au pouvoir.
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Il faut donc qu'un prince qui veut se maintenir apprenne à ne pas être toujours bon, et en user bien ou mal, selon la nécessité.
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Comme il y a certaines qualités qui semblent être des vertus et qui feraient la ruine du prince, de même il en est d'autres qui paraissent être des vices, et dont peuvent résulter néanmoins sa conservation et son bien-être.
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Le prince dépense ou de son propre bien et de celui de ses sujets, ou du bien d'autrui : dans le premier cas il doit être économe ; dans le second il ne saurait être trop libéral.
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Il est donc plus sage de se résoudre à être appelé avare, qualité qui n'attire que du mépris sans haine, que de se mettre, pour éviter ce nom, dans la nécessité d'encourir la qualification de rapace, qui engendre le mépris et la haine tous ensemble.
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En faisant un petit nombre d'exemples de rigueur, vous serez plus clément que ceux qui, par trop de pitié, laissent s'élever des désordres d'où s'ensuivent les meurtres et les rapines ; car ces désordres blessent la société tout entière, au lieu que les rigueurs ordonnées par le prince ne tombent que sur des particuliers.
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Ajoutons qu'on appréhende beaucoup moins d'offenser celui qui se fait aimer que celui qui se fait craindre ; car l'amour tient par un lien de reconnaissance bien faible pour la perversité humaine, et qui cède au moindre motif d'intérêt personnel ; au lieu que la crainte résulte de la menace du châtiment, et cette peur ne s'évanouit jamais.
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On peut combattre de deux manières : ou avec les lois, ou avec la force. La première est propre à l'homme, la seconde est celle des bêtes ; mais comme souvent celle-là ne suffit point, on est obligé de recourir à l'autre : il faut donc qu'un prince sache agir à propos, et en bête et en homme.
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Pour en revenir aux bonnes qualités énoncées ci-dessus, il n'est pas bien nécessaire qu'un prince les possède toutes ; mais il l'est qu'il paraisse les avoir.
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On doit bien comprendre qu'il n'est pas possible à un prince, et surtout à un prince nouveau, d'observer dans sa conduite tout ce qui fait que les hommes sont réputés gens de bien, et qu'il est souvent obligé, pour maintenir l'État, d'agir contre l'humanité, contre la charité, contre la religion même.
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Il doit aussi prendre grand soin de ne pas laisser échapper une seule parole qui ne respire les cinq qualités que je viens de nommer ; en sorte qu'à le voir et à l'entendre on le croie tout plein de douceur, de sincérité, d'humanité, d'honneur, et principalement de religion, qui est encore ce dont il importe le plus d'avoir l'apparence.
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On estime aussi un prince qui se montre franchement ami ou ennemi, c'est-à-dire qui sait se déclarer ouvertement et sans réserve pour ou contre quelqu'un ; ce qui est toujours un parti plus utile à prendre que de demeurer neutre.

Gestion des colonies
L'établissement des colonies est peu dispendieux pour le prince ; il peut, sans frais ou du moins presque sans dépense, les envoyer et les entretenir ; il ne blesse que ceux auxquels il enlève leurs champs et leurs maisons pour les donner aux nouveaux habitants. Or les hommes ainsi offensés n'étant qu'une très faible partie de la population, et demeurant dispersés et pauvres, ne peuvent jamais devenir nuisibles ; tandis que tous ceux que sa rigueur n'a pas atteints demeurent tranquilles par cette seule raison ; ils n'osent d'ailleurs se mal conduire, dans la crainte qu'il ne leur arrive aussi d'être dépouillés.
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Sur quoi il faut remarquer que les hommes doivent être ou caressés ou écrasés : ils se vengent des injures légères ; ils ne le peuvent quand elles sont très grandes ; d'où il suit que, quand il s'agit d'offenser un homme, il faut le faire de telle manière qu'on ne puisse redouter sa vengeance.
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Sur cela, il est à observer que celui qui usurpe un État doit déterminer et exécuter tout d'un coup toutes les cruautés qu'il doit commettre, pour qu'il n'ait pas à y revenir tous les jours, et qu'il puisse, en évitant de les renouveler, rassurer les esprits et les gagner par des bienfaits.

Stratégie de défense
Un prince dont la ville est bien fortifiée, et qui ne se fait point haïr de ses sujets, ne doit pas craindre d'être attaqué ; et s'il l'était jamais, l'assaillant s'en retournerait avec honte : car les choses de ce monde sont variables ; et il n'est guère possible qu'un ennemi demeure campé toute une année avec ses troupes autour d'une place.
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Pour tout État, soit ancien, soit nouveau, soit mixte, les principales bases sont de bonnes lois et de bonnes armes. Mais, comme là où il n'y a point de bonnes armes, il ne peut y avoir de bonnes lois, et qu'au contraire il y a de bonnes lois là où il y a de bonnes armes, ce n'est que des armes que j'ai ici dessein de parler.
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En un mot, ce qu'on doit craindre des troupes mercenaires, c'est leur lâcheté ; avec des troupes auxiliaires, c'est leur valeur.
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En peu de mots, le conspirateur est toujours troublé par le soupçon, la jalousie, la frayeur du châtiment ; au lieu que le prince a pour lui la majesté de l'empire, l'autorité des lois, l'appui de ses amis, et tout ce qui fait la défense de l'État ; et si à tout cela se joint la bienveillance du peuple, il est impossible qu'il se trouve quelqu'un d'assez téméraire pour conjurer ; car, en ce cas, le conspirateur n'a pas seulement à craindre les dangers qui précèdent l'exécution, il doit encore redouter ceux qui suivront, et contre lesquels, ayant le peuple pour ennemi, il ne lui restera aucun refuge.
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Le prince qui a plus de peur de ses sujets que des étrangers doit construire des forteresses ; mais il ne doit point en avoir s'il craint plus les étrangers que ses sujets.La meilleure forteresse qu'un prince puisse avoir est l'affection de ses peuples - s'il est haï, toutes les forteresses qu'il pourra avoir ne le sauveront pas ; car si ses peuples prennent une fois les armes, ils trouveront toujours des étrangers pour les soutenir.

Politique interne
Le prince doit donc, s'il est doué de quelque sagesse, imaginer et établir un système de gouvernement tel, qu'en quelque temps que ce soit, et malgré toutes les circonstances, les citoyens aient besoin de lui : alors il sera toujours certain de les trouver fidèles.
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C'est que le prince doit se décharger sur d'autres des parties de l'administration qui peuvent être odieuses, et se réserver exclusivement celles des grâces ; en un mot, je le répète, il doit avoir des égards pour les grands, mais éviter d'être haï par le peuple.
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Un prince doit encore se montrer amateur des talents, et honorer ceux qui se distinguent dans leur profession.
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Il doit de plus, à certaines époques convenables de l'année, amuser le peuple par des fêtes, des spectacles.Il paraîtra quelquefois dans leurs assemblées, et montrera toujours de l'humanité et de la magnificence, sans jamais compromettre néanmoins la majesté de son rang, majesté qui ne doit l'abandonner dans aucune circonstance.

Le prince et ses ministres
Ce n'est pas une chose de peu d'importance pour un prince que le choix de ses ministres, qui sont bons ou mauvais selon qu'il est plus ou moins sage lui-même. Aussi, quand on veut apprécier sa capacité, c'est d'abord par les personnes qui l'entourent que l'on en juge.
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Si un prince veut une règle certaine pour connaître ses ministres, on peut lui donner celle-ci : Voyez-vous un ministre songer plus à lui-même qu'à vous, et rechercher son propre intérêt dans toutes ses actions, jugez aussitôt qu'il n'est pas tel qu'il doit être, et qu'il ne peut mériter votre confiance ; car l'homme qui a l'administration d'un État dans les mains doit ne jamais penser à lui mais doit toujours penser au prince, et ne l’entretenir que de ce qui tient à l'intérêt de l'État. 
Mais il faut aussi que, de son côté, le prince pense à son ministre, s'il veut le conserver toujours fidèle ; il faut qu'il l'environne de considération, qu'il le comble de richesses, qu'il le fasse entrer en partage de tous les honneurs et de toutes les dignités, pour qu'il n'ait pas lieu d'en souhaiter davantage ; que, monté au comble de la faveur, il redoute le moindre changement, et qu’il soit bien convaincu qu'il ne pourrait se soutenir sans l'appui du prince.
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Il doit, s'il est prudent, faire choix dans ses États de quelques hommes sages, et leur donner, mais à eux seuls, liberté entière de lui dire la vérité, se bornant toutefois encore aux choses sur lesquelles il les interrogera. Il doit, du reste, les consulter sur tout, écouter leurs avis, résoudre ensuite par lui-même ; il doit encore se conduire, soit envers tous les conseillers ensemble, soit envers chacun d'eux en particulier, de manière à les persuader qu'ils lui agréent d'autant plus qu'ils parlent avec plus de franchise ; il doit enfin ne vouloir entendre aucune autre personne, agir selon la détermination prise, et s'y tenir avec fermeté.
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Un prince doit donc toujours prendre conseil, mais il doit le faire quand il veut, et non quand d'autres le veulent ; il faut même qu'il ne laisse à personne la hardiesse de lui donner son avis sur quoi que ce soit, à moins qu'il ne le demande ; mais il faut aussi qu'il ne soit pas trop réservé dans ses questions, qu'il écoute patiemment la vérité, et que lorsque quelqu'un est retenu, par certains égards, de la lui dire, il en témoigne du déplaisir.

Le prince et la Fortune
Ne pouvant admettre que notre libre arbitre soit réduit à rien, j'imagine qu'il peut être vrai que la fortune dispose de la moitié de nos actions, mais qu'elle en laisse à peu près l'autre moitié en notre pouvoir. 
Il en est de même de la fortune, qui montre surtout son pouvoir là où aucune résistance n'a été préparée, et porte ses fureurs là où elle sait qu'il n'y a point d'obstacle disposé pour l'arrêter.
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C'est pour cela encore que ce qui est bien ne l'est pas toujours. Ainsi, par exemple, un prince gouverne-t-il avec circonspection et patience : si la nature et les circonstances des temps sont telles que cette manière de gouverner soit bonne, il prospérera ; mais il décherra, au contraire, si, la nature et les circonstances des temps changeant, il ne change pas lui-même de système.
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Je pense, au surplus, qu'il vaut mieux être impétueux que circonspect ; car la fortune est femme : pour la tenir soumise, il faut la traiter avec rudesse ; elle cède plutôt aux hommes qui usent de violence qu'à ceux qui agissent froidement : aussi est-elle toujours amie des jeunes gens, qui sont moins réservés, plus emportés, et qui commandent avec plus d'audace.

Amal