Auteur : Laurent
Gounelle
Année de publication :
2014
Nombre de pages : 288 pages
Personnages principaux
- Jonathan : Le
protagoniste, un commercial dans une société d’assurances.
- Ryan : Un
informaticien.
- Mikaël : L’associé de Jonathan.
- Angela : L’ex-femme
et l’associée de Jonathan.
- Cloé : La fille
de Jonathan.
- Margie : La
tante de Jonathan.
- Lisa : Une bohémienne.
Aperçu
Jonathan est un jeune américain qui travaille en tant
que commercial dans une société d'assurance qu'il a fondée avec son ami et son
ex-épouse. Un jour, une bohémienne insiste de lui prédire son avenir et lui
annonce qu'il va mourir. Bouleversé par cette annonce, il décide de prendre un congé
de son travail afin de cogiter sur sa vie, sur ce qu'il a réalisé jusqu'à maintenant
et ce qu'il compte faire avant de mourir. C'est ainsi qu'il trouve refuge chez
sa tante Margie, une archéologue et biologiste en retraite. Son séjour chez
celle-ci lui était d'une grande utilité car il lui a permis de changer sa
perception de la vie, de la mort, du bonheur et de sa relation avec les humains
et avec les autres créatures dans ce monde. Grâce à cette expérience, Jonathan
décide d’apporter un changement radical à sa vie, ce qui avait une influence remarquable
sur lui-même et sur toutes les personnes qui l'entourent.
Extraits
A travers les discussions entre Jonathan et Margie, on
peut extraire plusieurs conseils en relation avec le bonheur. Dans ce qui suit,
je présente ces conseils et les extraits correspondants.
Chercher le bonheur à l’intérieur
Plus tu te tourneras vers l’extérieur pour chercher
des satisfactions, plus tu ressentiras le manque. Plus tu courras après tes
désirs, moins tu seras satisfait.
***
C’est d’ailleurs pour ça que la plupart du temps,
quand on fait un régime, on échoue. Tu comprends, quand on fait la guerre
contre soi-même, une chose est sûre : l’un de nous va perdre !
***
- Oui, des normes ou des codes, appelle ça
comme tu veux. Des codes de comportement, d’opinion, et surtout de goût. J’ai
parfois l’impression qu’on aime, non pas ce que nous susurre notre cœur, mais
ce que l’on nous pousse à aimer. Est-ce vraiment nous qui choisissons nos
vêtements, nos téléphones, nos boissons, ou les films qu’on regarde ?
- Oui, mais tu sais, c’est un peu inévitable,
de nos jours. On est interconnectés, alors on s’influence tous les uns les autres.
Il n’y a pas de mal à ça.
- Non, bien sûr, il n’y a pas de mal. Mais dans ce
contexte d’interconnexion, il faut quand même rester suffisamment connecté à
soi-même pour bien vivre sa vie, pas celle des autres.
***
Lorsqu’on ressent des émotions, on se sent
vivre. Alors on en veut, encore et encore. C’est pour ça qu’on reste connectés
à tous ces réseaux sociaux. Dès qu’un message nous concerne, on ressent une
émotion. Une information nous alerte ? Une émotion. Quelqu’un pense à moi ? Une
émotion. Une tempête a frappé dans un pays ? Une émotion. Une fois de plus, il
n’y a aucun mal à ça, mais à force d’être absorbé par ce qui vient de l’extérieur,
on perd le contact avec nous-même. Plus nos émotions sont induites par
l’extérieur, moins on sait les faire émerger de l’intérieur par nos propres
pensées, nos actions, nos ressentis. C’est un peu comme si on vivait dans un
wagonnet de montagnes russes, ballottés à longueur de journée dans un train
dont on ne connaît pas le conducteur et dont on ignore où il nous emmène.
Être Libre*
- Tu veux mon sentiment ? Si Dieu existe,
c’est lui qui a voulu qu’Ève croque la pomme !
- La Bible dit qu’il le lui avait défendu…
- Oui, pour l’inciter à le faire ! En se
rebellant, Ève a accompli le premier acte de liberté au monde. C’est pas le
péché originel, c’est la liberté originelle !
- T’y vas peut-être un peu fort, là…
Margie prit un air faussement offusqué.
- Comment un croyant peut-il imaginer un seul instant
que Dieu n’ait pas été capable de créer un être parfait qui suive en tout point
sa volonté ? S’il avait voulu qu’Ève obéisse, elle aurait obéi. Non, crois-moi
: Dieu a voulu l’homme libre !
*Je suis d’accord sur le principe qu’Allah nous a créés
libres, mais je ne suis pas d’accord sur l’histoire du péché originel, je
trouve que la version racontée dans le Coran est plus logique. A la fin de l’article,
je cite les versets du Coran correspondants et j’ajoute une explication pour
ces versets.
- Je n’ai pas dit qu’il s’agissait forcément
d’une mission grandiose. Il peut s’agir de quelque chose de plus humble, mais
ce sont parfois les choses d’apparence anodine qui comptent vraiment dans le
monde, tu sais. On a tendance à penser que ce sont les grands leaders qui ont
forgé le cours de l’Histoire. Ce n’est pas tout à fait vrai, en réalité.
Chacun, par ses actes, ses paroles, son état d’esprit et ses émotions, influe
sur son entourage, et puis cela se propage comme des ondes à la surface de l’eau.
Forcément. Rien n’est neutre, tu sais. Au final, chacun de nous a un impact sur
le monde. Et quand on a trouvé sa mission, on a un rôle à jouer, un rôle utile
à l’humanité, aux êtres vivants, à l’univers.
***
Oui, ajouter en nous des choses qui sont plus fortes que nos désirs, des choses qui vont transcender nos désirs et nous nourrir, nous illuminer au point de nous les faire oublier. Juste oublier. Alors nos désirs s’évaporent d’eux-mêmes. Ils se dissolvent.
***
- La plupart des gens se sentent obligés de
faire ce qu’ils ont toujours fait, même quand ça ne les épanouit pas. Et ils
s’interdisent d’écouter leurs envies profondes, persuadés que ça ne les
mènerait nulle part. Alors qu’en fait, c’est exactement l’inverse. Nos envies
profondes, et non pas nos désirs superficiels induits par la société, sont des
pistes à suivre pour avancer sur le chemin de notre mission.
Ecouter son cœur
- Détrompe-toi : c’est le cœur qui décide.
Dans notre société, on s’est tellement mis à l’esprit que tout se passe dans la
tête qu’on s’est coupés du reste du corps. On ne valorise que le cerveau, tout
ça parce qu’on a des neurones dedans. C’est ridicule ! Surtout qu’on a
également des neurones dans le cœur, et personne n’en parle. Dans l’intestin
aussi, d’ailleurs…
S’unir avec le monde
- Une plante sait reconnaître ses voisines qui
vivent dans la terre autour d’elle. Quand il s’agit de plantes de la même
famille, elle leur laisse de l’espace pour se développer en ralentissant le développement
de ses propres racines. À l’inverse, quand sa voisine est étrangère, elle les développe
à toute allure pour occuper le terrain. Alors, on a fait l’expérience suivante
: on a posé une boîte vide, opaque et hermétique, sur la terre où étaient
semées des graines de piment, et on a mesuré le développement des racines.
Ensuite on a renouvelé l’expérience, mais cette fois on a enfermé dans la boîte
un plant de fenouil. Il faut savoir que le fenouil est connu pour être un
ennemi des piments (il diffuse dans la terre et dans l’air des signaux
chimiques qui gênent leur développement). On a donc mis le fenouil dans la
boîte opaque et totalement hermétique qu’on a disposée sur la terre. Aucun moyen
pour ces plantes de communiquer par des échanges chimiques. Et pourtant, on a
observé que les piments se mettaient à développer leurs racines en accéléré,
comportement typique d’une plante qui a repéré une étrangère sur son
territoire. Le piment a donc réussi à savoir que le fenouil était là, mais
comment ? Mystère.
***
- Un grand biologiste de l’université de
Cambridge, Rupert Sheldrake, a émis l’hypothèse qu’il existerait quelque chose
qui relierait les êtres vivants entre eux, et pas seulement les hommes. Quelque
chose qu’il a appelé un champ morphique.
Jonathan fit la moue.
- J’ai entendu parler de champs magnétiques,
de champs gravitationnels… jamais de champs morphiques.
- Ce serait une sorte de matrice invisible.
Comme un espace qui engloberait les êtres vivants qui sont en relation les uns
avec les autres et leur permettrait de garder une forme de contact perpétuel. Un
lien qui ne s’effacerait ni avec le temps ni avec la distance.
Se méfier de la technologie
- L’apparition de la technologie dans la vie
des hommes nous a coupés de certaines de nos facultés, même si ses apports sont
parfois fabuleux par ailleurs. On a tous constaté que notre mémoire est moins
performante depuis que l’on s’en remet à des agendas électroniques pour nous
rappeler ce qu’on a à faire.
- C’est clair…
- Ou encore que l’on perd progressivement le
sens de l’orientation depuis que l’on se laisse guider par des GPS.
Assumer sa responsabilité
Le monde est la résultante de nos actes
individuels. Se changer soi-même est la seule voie vers un
monde meilleur. Un monde meilleur où
il fait bon vivre.
***
En fait… j’ai décidé de moins râler contre les
maux de la société, mais de prendre juste ma part de responsabilité. J’ai réalisé
que c’était plus important pour moi d’être OK avec moi-même que de donner des
leçons aux autres.
Exprimer ses sentiments
Mais on vit dans une société où l’on dit
rarement aux gens le bien que l’on pense d’eux. On a beaucoup de pudeur à
l’exprimer et, finalement, beaucoup de retenue : chacun garde secrètement en soi
ses opinions positives comme des graines qu’on laisserait se dessécher au fond
de sa poche au lieu de les semer ou de les confier au souffle du vent, à la
terre et à la pluie. C’est peut-être la raison pour laquelle les
gens ne sont pas habitués à recevoir de tels messages, et c’est difficile de
faire un compliment sincère à quelqu’un sans que ce soit mal interprété ou que
l’on vous prête des intentions sournoises. Et si par une chance inouïe votre
sincérité n’est pas remise en cause, alors cette personne va souvent tenter de
minimiser par tous les moyens la qualité que vous lui prêtez, dans un élan de
modestie qui cache l’embarras à recevoir un cadeau aussi inhabituel.
***
Et maintenant, il réalisait que les autres
n’étaient ni gentils ni méchants, ni bons ni mauvais. Ils avaient tout ça en
eux, comme tout le monde. Ce qu’ils exprimaient dépendait de ce que lui
exprimait, comme si une partie d’eux répondait à une partie de lui-même. Leur
attitude n’était qu’un miroir de la sienne.
Accepter la mort
- Notre société s’abîme dans le déni de la
mort, dit-elle en se rejetant lentement dans son fauteuil. On fait comme si elle n’existait pas. On se
réfugie même derrière un vocabulaire métaphorique pour la désigner : quand on
perd un vieil oncle, on dit qu’il a disparu, qu’il est parti, qu’il nous a
quittés. On dit qu’on l’a perdu, comme si on allait le
retrouver au coin de la rue ou au rayon confiseries du supermarché.
***
On ne peut certes tirer aucune conclusion de
ces expériences vécues, mais il est tentant de penser que notre âme, que l’on a
souvent assimilée au cerveau, n’est pas enfermée dans notre corps, mais peut
s’en libérer, jusqu’à s’en détacher complètement le jour venu.
***
Pourtant, vois-tu, c’est paradoxalement la
prise de conscience de nos limites qui peut être libératrice. C’est en les
acceptant pleinement que l’on peut alors s’épanouir, déployer notre créativité,
et même se mettre à réaliser de grandes choses. Et comme la plus grande des
limites, la plus incontournable, c’est la mort… notre vie commence
véritablement le jour où l’on prend conscience que l’on mourra un jour, et
qu’on l’accepte pleinement.
Commentaire
Ce livre est le quatrième que j'ai lu pour Laurent Gounelle.
J'avais lu également ses trois autres livres : "L'homme qui voulait être
heureux", "Le philosophe qui n'était pas sage" et "Les
dieux voyagent toujours incognito". Dans tous ces livres, Gounelle reste
fidèle au même style : une histoire simple, un style d'écriture basé
essentiellement sur le dialogue, un protagoniste homme qui cherche à changer sa
vie vers le mieux et un autre personnage principal qui sert de gourou pour le
premier et qui le guide à retrouver son chemin à travers des discussions ou des
missions.
Le point central des romans de Gounelle n'est ni l'histoire
ni les personnages, ni l'intrigue, car tout ça pour lui sert de cadre pour un
message qu'il veut transmettre, un message en relation avec la recherche du
bonheur, la découverte de son intérieur, la reconstruction de soi et la
relation avec son monde.
Bref, pour ceux qui cherchent suspense/action ou bien
littérature, ils ne trouveront pas leur bonheur ici. Ces livres sont plutôt
destinés à ceux qui s'intéressent à la psychologie et le développement
personnel, ils y trouveront une bonne matière pour réfléchir et débattre sur
plusieurs sujets.
Pour tout ceci, la note que je donne à ce livre est 3/5.
30.
Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges: «Je vais établir sur la terre un vicaire
«Khalifa»(1). Ils dirent: «Vas-Tu y désigner un qui y mettra le
désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te
glorifier?» - Il dit: «En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas!».
31.
Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux
Anges(2) et dit: «Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes
véridiques!» (dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu’Adam).
32.
- Ils dirent: «Gloire à Toi! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous a
appris. Certes c’est Toi l’Omniscient, le Sage».
33.
Il dit: «Ô Adam, informe-les de ces noms(3) ;» Puis quand celui-ci
les eut informés de ces noms, Allah dit: «Ne vous ai-Je pas dit que Je connais
les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et
ce que vous cachez?»
34.
Et lorsque Nous demandâmes aux Anges de se prosterner devant Adam, ils se
prosternèrent à l’exception d’Iblis(4) qui refusa, s’enfla d’orgueil
et fut parmi les infidèles.
35.
Et Nous dîmes: «Ô Adam, habite le Paradis toi et ton épouse, et nourrissez-vous-en
de partout à votre guise; mais n’approchez pas de l’arbre que voici: sinon vous
seriez du nombre des injustes».
36.
Peu de temps après, Satan(5) les fit glisser de là et les fit sortir
du lieu où ils étaient. Et Nous dîmes: «Descendez (du Paradis); ennemis les uns
des autres. Et pour vous il y aura une demeure sur la terre, et un usufruit
pour un temps.
37.
Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles(6), et Allah agréa son
repentir car c’est Lui certes, l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux.
38. - Nous dîmes:
«Descendez d’ici, vous tous! Toutes les fois que Je vous enverrai un guide(7),
ceux qui [le] suivront n’auront rien à craindre et ne seront point affligés».
(8) Khalifa a
plusieurs sens : a) gérant: celui à qui a été donné le pouvoir de gouverner
d’autres personnes, comme Allah fit de David dans S. 38, v. 2 b: «Ô David,
gouverne les gens avec justice» b) qui se succèdent les uns aux autres,
génération après génération; c) qui remplace quelqu’un absent ou mort. Ici
Khalifa a le sens (a) ou (b).
(9) Il les présenta
aux Anges: les êtres dont Allah avait appris les noms à l’homme. Allah démontre
ainsi aux Anges qu’il n’y a de science que de Lui.
(10) Informe-les de
ces noms: les noms de ces choses.
(11) Iblis: l’aïeul
ou le chef des diables ou Satan. L’épisode de la prosternation des Anges et du
refus de Satan (voir aussi S. 7, v. 11; S. 15, v. 28; S. 17, v. 61; S. 18, v.
50; S. 20, v. 116) explique la raison pour laquelle Allah a maudit Satan.
(12) Le Diable:
toutes les fois que le texte arabe port le mot «Iblis», nous le rendons par
Satan.
(13) Paroles: qui ont
permis à Adam de demander le pardon d’Allah. Et puisque Allah lui accorda le
pardon, l’Islam ne reconnaît pas le péché originel.
(14)
Un Guide: un Prophète ou une révélation.
Dans cette version, on voit bien que ce n’est pas Eve qui a incité Adam à manger de l’arbre, c’est Satan qui les a séduit
tous les deux. En plus, cette erreur n’atteint pas le degré d’un péché mais elle est considérée comme un "faux-pas" dont l’objectif est surtout
éducatif. En effet, Allah a créé Adam pour être son représentant sur la terre,
il lui a enseigné toutes les connaissances dont il a besoin pour accomplir sa
mission, il a montré aux Anges qu’il leur est supérieur, et il a créé Eve pour être son partenaire sur la terre. Mais pour que leur préparation soit complète,
il fallait expliquer à Adam et Eve qu’il sont également libres et responsables de leurs propres actes, d’où le rôle de la petite erreur qu’ils ont commise. Une
fois leur formation terminée, Allah s’adresse à Adam (le responsable devant lui
et non pas Eve) et lui annonce qu’il le pardonne, et que lui et Eve sont prêts maintenant
à partir vers la terre où ils doivent vivre comme prévu dès le départ.
Amal