Friday, April 12, 2019

Le jour où j’ai appris à vivre – Aperçu et Extraits




Auteur : Laurent Gounelle

Année de publication : 2014

Nombre de pages : 288 pages


Personnages principaux

- Jonathan : Le protagoniste, un commercial dans une société d’assurances.

- Ryan : Un informaticien.

- Mikaël : L’associé de Jonathan.

- Angela : L’ex-femme et l’associée de Jonathan.

- Cloé : La fille de Jonathan.

- Margie : La tante de Jonathan.

- Lisa : Une bohémienne.


Aperçu

Jonathan est un jeune américain qui travaille en tant que commercial dans une société d'assurance qu'il a fondée avec son ami et son ex-épouse. Un jour, une bohémienne insiste de lui prédire son avenir et lui annonce qu'il va mourir. Bouleversé par cette annonce, il décide de prendre un congé de son travail afin de cogiter sur sa vie, sur ce qu'il a réalisé jusqu'à maintenant et ce qu'il compte faire avant de mourir. C'est ainsi qu'il trouve refuge chez sa tante Margie, une archéologue et biologiste en retraite. Son séjour chez celle-ci lui était d'une grande utilité car il lui a permis de changer sa perception de la vie, de la mort, du bonheur et de sa relation avec les humains et avec les autres créatures dans ce monde. Grâce à cette expérience, Jonathan décide d’apporter un changement radical à sa vie, ce qui avait une influence remarquable sur lui-même et sur toutes les personnes qui l'entourent.


Extraits

A travers les discussions entre Jonathan et Margie, on peut extraire plusieurs conseils en relation avec le bonheur. Dans ce qui suit, je présente ces conseils et les extraits correspondants.


Chercher le bonheur à l’intérieur
Plus tu te tourneras vers l’extérieur pour chercher des satisfactions, plus tu ressentiras le manque. Plus tu courras après tes désirs, moins tu seras satisfait.
***
C’est d’ailleurs pour ça que la plupart du temps, quand on fait un régime, on échoue. Tu comprends, quand on fait la guerre contre soi-même, une chose est sûre : l’un de nous va perdre !
***
- Oui, des normes ou des codes, appelle ça comme tu veux. Des codes de comportement, d’opinion, et surtout de goût. J’ai parfois l’impression qu’on aime, non pas ce que nous susurre notre cœur, mais ce que l’on nous pousse à aimer. Est-ce vraiment nous qui choisissons nos vêtements, nos téléphones, nos boissons, ou les films qu’on regarde ?
- Oui, mais tu sais, c’est un peu inévitable, de nos jours. On est interconnectés, alors on s’influence tous les uns les autres. Il n’y a pas de mal à ça.
- Non, bien sûr, il n’y a pas de mal. Mais dans ce contexte d’interconnexion, il faut quand même rester suffisamment connecté à soi-même pour bien vivre sa vie, pas celle des autres.
***
Lorsqu’on ressent des émotions, on se sent vivre. Alors on en veut, encore et encore. C’est pour ça qu’on reste connectés à tous ces réseaux sociaux. Dès qu’un message nous concerne, on ressent une émotion. Une information nous alerte ? Une émotion. Quelqu’un pense à moi ? Une émotion. Une tempête a frappé dans un pays ? Une émotion. Une fois de plus, il n’y a aucun mal à ça, mais à force d’être absorbé par ce qui vient de l’extérieur, on perd le contact avec nous-même. Plus nos émotions sont induites par l’extérieur, moins on sait les faire émerger de l’intérieur par nos propres pensées, nos actions, nos ressentis. C’est un peu comme si on vivait dans un wagonnet de montagnes russes, ballottés à longueur de journée dans un train dont on ne connaît pas le conducteur et dont on ignore où il nous emmène.

Être Libre*
- Tu veux mon sentiment ? Si Dieu existe, c’est lui qui a voulu qu’Ève croque la pomme !
- La Bible dit qu’il le lui avait défendu…
- Oui, pour l’inciter à le faire ! En se rebellant, Ève a accompli le premier acte de liberté au monde. C’est pas le péché originel, c’est la liberté originelle !
- T’y vas peut-être un peu fort, là…
Margie prit un air faussement offusqué. 
- Comment un croyant peut-il imaginer un seul instant que Dieu n’ait pas été capable de créer un être parfait qui suive en tout point sa volonté ? S’il avait voulu qu’Ève obéisse, elle aurait obéi. Non, crois-moi : Dieu a voulu l’homme libre !

*Je suis d’accord sur le principe qu’Allah nous a créés libres, mais je ne suis pas d’accord sur l’histoire du péché originel, je trouve que la version racontée dans le Coran est plus logique. A la fin de l’article, je cite les versets du Coran correspondants et j’ajoute une explication pour ces versets.


Trouver sa mission
- Je n’ai pas dit qu’il s’agissait forcément d’une mission grandiose. Il peut s’agir de quelque chose de plus humble, mais ce sont parfois les choses d’apparence anodine qui comptent vraiment dans le monde, tu sais. On a tendance à penser que ce sont les grands leaders qui ont forgé le cours de l’Histoire. Ce n’est pas tout à fait vrai, en réalité. Chacun, par ses actes, ses paroles, son état d’esprit et ses émotions, influe sur son entourage, et puis cela se propage comme des ondes à la surface de l’eau. Forcément. Rien n’est neutre, tu sais. Au final, chacun de nous a un impact sur le monde. Et quand on a trouvé sa mission, on a un rôle à jouer, un rôle utile à l’humanité, aux êtres vivants, à l’univers.
***
Oui, ajouter en nous des choses qui sont plus fortes que nos désirs, des choses qui vont transcender nos désirs et nous nourrir, nous illuminer au point de nous les faire oublier. Juste oublier. Alors nos désirs s’évaporent d’eux-mêmes. Ils se dissolvent.
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- La plupart des gens se sentent obligés de faire ce qu’ils ont toujours fait, même quand ça ne les épanouit pas. Et ils s’interdisent d’écouter leurs envies profondes, persuadés que ça ne les mènerait nulle part. Alors qu’en fait, c’est exactement l’inverse. Nos envies profondes, et non pas nos désirs superficiels induits par la société, sont des pistes à suivre pour avancer sur le chemin de notre mission.

Ecouter son cœur
- Détrompe-toi : c’est le cœur qui décide. Dans notre société, on s’est tellement mis à l’esprit que tout se passe dans la tête qu’on s’est coupés du reste du corps. On ne valorise que le cerveau, tout ça parce qu’on a des neurones dedans. C’est ridicule ! Surtout qu’on a également des neurones dans le cœur, et personne n’en parle. Dans l’intestin aussi, d’ailleurs…

S’unir avec le monde
- Une plante sait reconnaître ses voisines qui vivent dans la terre autour d’elle. Quand il s’agit de plantes de la même famille, elle leur laisse de l’espace pour se développer en ralentissant le développement de ses propres racines. À l’inverse, quand sa voisine est étrangère, elle les développe à toute allure pour occuper le terrain. Alors, on a fait l’expérience suivante : on a posé une boîte vide, opaque et hermétique, sur la terre où étaient semées des graines de piment, et on a mesuré le développement des racines. Ensuite on a renouvelé l’expérience, mais cette fois on a enfermé dans la boîte un plant de fenouil. Il faut savoir que le fenouil est connu pour être un ennemi des piments (il diffuse dans la terre et dans l’air des signaux chimiques qui gênent leur développement). On a donc mis le fenouil dans la boîte opaque et totalement hermétique qu’on a disposée sur la terre. Aucun moyen pour ces plantes de communiquer par des échanges chimiques. Et pourtant, on a observé que les piments se mettaient à développer leurs racines en accéléré, comportement typique d’une plante qui a repéré une étrangère sur son territoire. Le piment a donc réussi à savoir que le fenouil était là, mais comment ? Mystère.
***
- Un grand biologiste de l’université de Cambridge, Rupert Sheldrake, a émis l’hypothèse qu’il existerait quelque chose qui relierait les êtres vivants entre eux, et pas seulement les hommes. Quelque chose qu’il a appelé un champ morphique.
Jonathan fit la moue.
- J’ai entendu parler de champs magnétiques, de champs gravitationnels… jamais de champs morphiques.
- Ce serait une sorte de matrice invisible. Comme un espace qui engloberait les êtres vivants qui sont en relation les uns avec les autres et leur permettrait de garder une forme de contact perpétuel. Un lien qui ne s’effacerait ni avec le temps ni avec la distance.

Se méfier de la technologie
- L’apparition de la technologie dans la vie des hommes nous a coupés de certaines de nos facultés, même si ses apports sont parfois fabuleux par ailleurs. On a tous constaté que notre mémoire est moins performante depuis que l’on s’en remet à des agendas électroniques pour nous rappeler ce qu’on a à faire.
- C’est clair…
- Ou encore que l’on perd progressivement le sens de l’orientation depuis que l’on se laisse guider par des GPS.

Assumer sa responsabilité
Le monde est la résultante de nos actes individuels. Se changer soi-même est la seule voie vers un monde meilleur. Un monde meilleur où il fait bon vivre.
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En fait… j’ai décidé de moins râler contre les maux de la société, mais de prendre juste ma part de responsabilité. J’ai réalisé que c’était plus important pour moi d’être OK avec moi-même que de donner des leçons aux autres.

Exprimer ses sentiments
Mais on vit dans une société où l’on dit rarement aux gens le bien que l’on pense d’eux. On a beaucoup de pudeur à l’exprimer et, finalement, beaucoup de retenue : chacun garde secrètement en soi ses opinions positives comme des graines qu’on laisserait se dessécher au fond de sa poche au lieu de les semer ou de les confier au souffle du vent, à la terre et à la pluie. C’est peut-être la raison pour laquelle les gens ne sont pas habitués à recevoir de tels messages, et c’est difficile de faire un compliment sincère à quelqu’un sans que ce soit mal interprété ou que l’on vous prête des intentions sournoises. Et si par une chance inouïe votre sincérité n’est pas remise en cause, alors cette personne va souvent tenter de minimiser par tous les moyens la qualité que vous lui prêtez, dans un élan de modestie qui cache l’embarras à recevoir un cadeau aussi inhabituel.
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Et maintenant, il réalisait que les autres n’étaient ni gentils ni méchants, ni bons ni mauvais. Ils avaient tout ça en eux, comme tout le monde. Ce qu’ils exprimaient dépendait de ce que lui exprimait, comme si une partie d’eux répondait à une partie de lui-même. Leur attitude n’était qu’un miroir de la sienne.

Accepter la mort
- Notre société s’abîme dans le déni de la mort, dit-elle en se rejetant lentement dans son fauteuil. On fait comme si elle n’existait pas. On se réfugie même derrière un vocabulaire métaphorique pour la désigner : quand on perd un vieil oncle, on dit qu’il a disparu, qu’il est parti, qu’il nous a quittés. On dit qu’on l’a perdu, comme si on allait le retrouver au coin de la rue ou au rayon confiseries du supermarché.
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On ne peut certes tirer aucune conclusion de ces expériences vécues, mais il est tentant de penser que notre âme, que l’on a souvent assimilée au cerveau, n’est pas enfermée dans notre corps, mais peut s’en libérer, jusqu’à s’en détacher complètement le jour venu.
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Pourtant, vois-tu, c’est paradoxalement la prise de conscience de nos limites qui peut être libératrice. C’est en les acceptant pleinement que l’on peut alors s’épanouir, déployer notre créativité, et même se mettre à réaliser de grandes choses. Et comme la plus grande des limites, la plus incontournable, c’est la mort… notre vie commence véritablement le jour où l’on prend conscience que l’on mourra un jour, et qu’on l’accepte pleinement.

Commentaire

Ce livre est le quatrième que j'ai lu pour Laurent Gounelle. J'avais lu également ses trois autres livres : "L'homme qui voulait être heureux", "Le philosophe qui n'était pas sage" et "Les dieux voyagent toujours incognito". Dans tous ces livres, Gounelle reste fidèle au même style : une histoire simple, un style d'écriture basé essentiellement sur le dialogue, un protagoniste homme qui cherche à changer sa vie vers le mieux et un autre personnage principal qui sert de gourou pour le premier et qui le guide à retrouver son chemin à travers des discussions ou des missions.

Le point central des romans de Gounelle n'est ni l'histoire ni les personnages, ni l'intrigue, car tout ça pour lui sert de cadre pour un message qu'il veut transmettre, un message en relation avec la recherche du bonheur, la découverte de son intérieur, la reconstruction de soi et la relation avec son monde.

Bref, pour ceux qui cherchent suspense/action ou bien littérature, ils ne trouveront pas leur bonheur ici. Ces livres sont plutôt destinés à ceux qui s'intéressent à la psychologie et le développement personnel, ils y trouveront une bonne matière pour réfléchir et débattre sur plusieurs sujets.

Pour tout ceci, la note que je donne à ce livre est 3/5.



30. Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges: «Je vais établir sur la terre un vicaire «Khalifa»(1). Ils dirent: «Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier?» - Il dit: «En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas!».

31. Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges(2) et dit: «Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques!» (dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu’Adam).

32. - Ils dirent: «Gloire à Toi! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous a appris. Certes c’est Toi l’Omniscient, le Sage».

33. Il dit: «Ô Adam, informe-les de ces noms(3) ;» Puis quand celui-ci les eut informés de ces noms, Allah dit: «Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez?»

34. Et lorsque Nous demandâmes aux Anges de se prosterner devant Adam, ils se prosternèrent à l’exception d’Iblis(4) qui refusa, s’enfla d’orgueil et fut parmi les infidèles.

35. Et Nous dîmes: «Ô Adam, habite le Paradis toi et ton épouse, et nourrissez-vous-en de partout à votre guise; mais n’approchez pas de l’arbre que voici: sinon vous seriez du nombre des injustes».

36. Peu de temps après, Satan(5) les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient. Et Nous dîmes: «Descendez (du Paradis); ennemis les uns des autres. Et pour vous il y aura une demeure sur la terre, et un usufruit pour un temps.

37. Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles(6), et Allah agréa son repentir car c’est Lui certes, l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux.

38. - Nous dîmes: «Descendez d’ici, vous tous! Toutes les fois que Je vous enverrai un guide(7), ceux qui [le] suivront n’auront rien à craindre et ne seront point affligés».

(8) Khalifa a plusieurs sens : a) gérant: celui à qui a été donné le pouvoir de gouverner d’autres personnes, comme Allah fit de David dans S. 38, v. 2 b: «Ô David, gouverne les gens avec justice» b) qui se succèdent les uns aux autres, génération après génération; c) qui remplace quelqu’un absent ou mort. Ici Khalifa a le sens (a) ou (b).
(9) Il les présenta aux Anges: les êtres dont Allah avait appris les noms à l’homme. Allah démontre ainsi aux Anges qu’il n’y a de science que de Lui.
(10) Informe-les de ces noms: les noms de ces choses.
(11) Iblis: l’aïeul ou le chef des diables ou Satan. L’épisode de la prosternation des Anges et du refus de Satan (voir aussi S. 7, v. 11; S. 15, v. 28; S. 17, v. 61; S. 18, v. 50; S. 20, v. 116) explique la raison pour laquelle Allah a maudit Satan.
(12) Le Diable: toutes les fois que le texte arabe port le mot «Iblis», nous le rendons par Satan.
(13) Paroles: qui ont permis à Adam de demander le pardon d’Allah. Et puisque Allah lui accorda le pardon, l’Islam ne reconnaît pas le péché originel.
(14) Un Guide: un Prophète ou une révélation.

Dans cette version, on voit bien que ce n’est pas Eve qui a commis le péché originel ni incité Adam à manger de l’arbre, c’est Satan qui les a séduit tous les deux. En plus, cette erreur n’atteint pas le degré d’un péché mais elle est considérée comme un "faux-pas" dont l’objectif est surtout éducatif. En effet, Allah a créé Adam pour être son représentant sur la terre, il lui a enseigné toutes les connaissances dont il a besoin pour accomplir sa mission, il a montré aux Anges qu’il leur est supérieur, et il a créé Eve pour l’accompagner dans son séjour sur la terre. Mais pour que sa préparation soit complète, il fallait expliquer à Adam qu’il est également libre et responsable de ses propres actes, d’où le rôle de la petite erreur qu’il a commise avec Eve. Une fois la formation terminée, Allah s’adresse à Adam (le responsable devant lui et non pas Eve) et lui annonce qu’il le pardonne, et qu’il est prêt maintenant à partir vers la terre où il doit vivre comme prévu dès le départ.


Amal


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