Tuesday, May 31, 2016

Le monde de Sophie - Partie 1




Auteur : Jostein Gaarder

Nombre de pages : 559

Titre original : Sofies Verden © H. Aschehoug & Co (W. Nygaard), Oslo, 1991.

Traduit et adapté du Norvégien par Hélène Hervieu et Martine Laffon, © Éditions du Seuil, Mars 1995, pour la traduction française


Bref Aperçu

« À toi de choisir, chère Sophie. Es-tu un enfant qui n'a pas encore assez grandi pour être habitué au monde ? Ou es-tu un philosophe qui peut jurer de ne jamais tomber dans ce travers? Si tu secoues la tête en ne t'identifiant ni à l'enfant ni au philosophe, c'est parce que tu t'es fait un petit nid tellement douillet que le monde ne t'étonne plus.»

Le monde de Sophie est un roman philosophique du norvégien Jostein Gaarder publié en 1991. Dans son œuvre, Gaarder raconte l’histoire d’une jeune fille de 15 ans Sophie Amundsen qui reçoit en permanence des enveloppes dans sa boite aux lettres, contenant des cours de philosophie, de la part d’un homme mystérieux appelé Alberto Knox.  A travers ces correspondances, Sophie fait la connaissance des questionnements essentiels de la philosophie tels : Comment le monde a-t-il été créé? Y a-t-il une volonté ou un sens derrière ce qui arrive? Existe-t-il une vie après la mort?, etc. …

Dans le monde de Sophie, l’auteur nous emmène dans un voyage dans le temps et l’espace afin de découvrir les origines de la philosophie occidentale, et faire connaissances de ses grands auteurs et leurs pensées. 

Malgré sa vocation philosophique, « Le monde de Sophie » est un livre facile à lire. L’auteur illustre ses propos au moyen d'exemples faciles, ce qui le rend un support beaucoup plus ludique qui aide ainsi le lecteur à assimiler facilement la matière philosophique. De plus, l’auteur dans son récit adopte une méthode pédagogique qui encourage l’esprit critique chez le lecteur et attise son appétit pour débattre certains sujets clefs qui relèvent de la philosophie.

Dans ce qui suit, je vais présenter les différents philosophes occidentaux selon l’ordre établi dans le roman en expliquant d’une manière très succincte leurs pensées.

« Précisons : bien que les questions philosophiques concernent tous les hommes, tout le monde ne devient pas philosophe pour autant. Pour différentes raisons, la plupart des gens sont tellement pris par leur quotidien qu'ils n'ont pas le temps de s'étonner de la vie. »

Partie I. Les philosophes de la nature et la rupture avec la conception mythique du monde : Les présocratiques

« Ce sont toujours ceux qui posent des questions qui sont les plus dangereux. Répondre, ce n'est pas si compromettant. Une seule question peut être plus explosive que mille réponses »



Les philosophes de la nature sont les premiers philosophes grecs. Ils s'interrogeaient sur les changements visibles au sein de la nature sans avoir recours aux mythes. Leur « projet » tournait autour du « principe premier » et de ses métamorphoses au sein de la nature : Ils croyaient qu'il existait une substance élémentaire à l'origine de toutes ces métamorphoses. Les traces qu’ils ont laissées sont trop peu et nous sont transmises par Aristote qui a vécu des siècles après eux.


Thalès

Lieu et période : Milet (une colonie grecque en Asie Mineure), vers 585 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
« L’eau » était à l'origine de toute chose.
Selon l’auteur, on ne sait pas au juste ce qu'il entendait par là. Peut-être voulait-il dire que toute vie naît dans l'eau et que tout retourne à l'eau en se désagrégeant.
Tout est rempli de dieux.
Selon l’auteur : « On ne pourra jamais savoir au juste ce qu'il entendait par là. Était-ce d'avoir vu cette terre de couleur noire être à l'origine de tout, de la fleur aux champs de blé en passant par les insectes et les cafards ? Il ne pensait en tout cas que la terre était remplie de minuscules "germes de vie" invisibles. »


Anaximandre

Lieu et période : Milet, après Thales.

Pensée
Commentaire
Le monde n'était qu'un monde parmi  beaucoup d'autres et, comme eux, avait son origine et sa fin dans ce qu'il appelait l'« infini ».
Selon l’auteur : « il est difficile de dire ce qu'il entendait clairement par-là, mais il ne s'agissait en aucun cas d'un élément connu comme chez Thalès. Il voulait sans doute exprimer l'idée que ce qui est à l'origine de Tout est différent de ce qui se crée. Le principe premier ne pouvait donc pas être tout bonnement de l'eau, mais bien quelque chose d'« infini ».


Anaximène

Lieu et période : Milet, vers 570-526 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
L’air ou le brouillard était à la base de toutes les formes dans la nature.
Il rejoint la doctrine de Thalès en affirmant qu'une substance unique était à la base de toutes les formes dans la nature qui est l’air ou le brouillard.


Parménide

Lieu et période : la colonie grecque d'Élée en Italie, environ 515-450 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
- Rien ne peut se transformer.
- Les sens donnent une fausse image du monde, une image qui ne correspond pas à ce que dit la raison.
Bien que ses sens perçoivent comment les choses se transformaient. Mais sa raison refusait de tomber dans le piège des sens. Il affirme que tout ce qui existe a toujours existé.


Héraclite

Lieu et période : Éphèse en Asie Mineure, 540-480 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
- Tout est en mouvement et rien n'est éternel.
- Il existe une sorte de « raison universelle » qui gouverne tout ce qui se passe dans la nature. Cette « raison universelle » ou cette « loi universelle » est commune à tous et chacun doit s'y référer.
Selon lui, derrière toutes ces transformations et oppositions dans la nature, existe une unité ou un tout qui est à l'origine de tout, il l'appelait « Dieu » ou « logos ». A la place du mot « Dieu », il emploie souvent le terme grec (logos) = Raison.


Empédocle

Lieu et période : Sicile, environ 490-430 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
- La nature disposait de quatre substances élémentaires qu'il appelait « racines » : la terre, l'air, le feu et l'eau.
- Deux forces différentes sont à l'œuvre dans la nature : l'amour et la haine. Ce qui unit ces éléments, c'est l'amour; ce qui les désunit, c'est la haine.
Selon Empédocle, Parménide avait raison en affirmant que « rien ne peut se transformer » puisque les quatre racines sont inchangeables et éternels. Mais en même temps, Héraclite a raison de  faire confiance aux sens car la nature est en perpétuelle mutation. Tout ce qui se meut dans la nature est dû au mélange et à la séparation de ces quatre éléments. Sa pensée a fait sortir de l’impasse provoquée par les deux philosophes.


Anaxagore

Lieu et période : Athènes, 500-428 avant Jésus-Christ

Pensée
Commentaire
- La nature est formée de minuscules morceaux invisibles à l'œil appelés des « graines » ou des « germes ».
- Il existe une force, qui « structure » et donne forme aux animaux, aux êtres humains, aux fleurs et aux arbres, appelél'« intellect » ou  l'« intelligence »
Anaxagore est le premier philosophe d'Athènes dont on entendait parler. Il n’admettait pas l'idée que la terre, l'air, le feu et l'eau puissent devenir du sang et des os.


Démocrite

Lieu et période : La ville côtière d'Abdêra au nord de la mer Egée, environ 460-370 avant Jésus-Christ.

Pensée
Commentaire
Tout est constitué de minuscules éléments de construction, appelés des atomes. Chacun, pris séparément, étant éternel, immuable, indivisible et différent.
Démocrite est le dernier grand philosophe de la nature. Comme Héraclite, il pensait que tout « s'écoule » dans la nature. Mais derrière ces corps en perpétuel mouvement, il existe des atomes  solides, massifs et différents pour ainsi avoir une variété de formes dans la nature. Il croyait aussi que ces atomes  devaient être éternels, car rien ne naît du néant comme a dit Parménide : quand un arbre ou un animal, meurt et se décompose, les atomes se dispersent et peuvent se regrouper pour former de nouveaux corps.
 


A suivre...



Rachida KHTIRA

Software Engineer at the Moroccan Ministry of Finance.
Interests: Reading, travel and social activities.


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